Oh, je suis déçue.
Tout à l'heure au mercadona, en faisant mes courses, j'ai eu une idée qui m'a fait rire toute seule.
D'abord, sachez que comme j'ai toujours tendance à avoir le moral dans les chaussettes, parce que je ne fais pas grand chose sauf penser au monde dans lequel je vis, la visite de Khadafi en France m'a démoralisée. Idiot, n'est-ce pas? je lis même des sites gauchistes, ça me rappelle ma jeunesse mais ça me démoralise : surtout que l'auteur est naïf, en plus, ça me démonte encore plus (quoique ça me console, dans un sens, il y en a d'autres, je peux ricaner). Oui, il est naïf, il écrit:
Franchement, de ces vertueuses indignations, qu'est-ce que Nain 1er en a à foutre ? Oh, peut-être bien qu'au fond de ce qui lui sert d'âme, il se sent un peu (un tout petit peu...) lamentable de dérouler le tapis rouge au Colonel, mais ce n'est qu'une hypothèse...
Il rêve ou quoi? Il doit pas fréquenter des masses d'hommes d'affaires. Parce que dans WCII, Khadafi, même avec son passsé douteux, ils le prennent, hein. Je suis formelle.
ça me rappelle ce que je me disais dans le Golfe, quand j'y habitais, face à la réaction de certains de mes compatriotes devant les locaux : un Arabe pauvre est un Arabe ; un Arabe riche est un riche.
Quoiqu'il en soit je suis allé faire mes courses au mercadona et j'ai commencé à rire toute seule comme une bossue en pensant à l'association Don Quichotte et à ses tentes.
Ils pourraient peut-être tenter le coup d'aller les planter à l'Elysée?
Mais je suis déçue parce que quelqu'un d'autre y a pensé. Mais les commentaires sont peu nombreux (et très frais).
En revanche, les journalistes n'y ont pas pensé. (Ou si? je n'ai pas fouillé le net, hein.)
Pas de blague de mauvais goût, peut-être? On n'énerve pas le pouvoir en place? Tiens ça me rappelle des trucs.
Là, une vidéo.
Là (avec le sourire inoxydable de la journaliste, son nom m'échappe - c'est chouette l'info). Là(merci de nous accueillir, M. Khadafi, je sais que vous avez peu de temps à consacrer aux journalistes ; oui, je sais, en France c'est banal, mais moi j'ai pas la télé et de toute façon je ne la regarde pas. khadafi, les droits de l'homme, euh, il regarde mais non là il voit pas : la question des droits de l'homme ne se pose pas - je l'ai lu dans un blog, mais je croyais que c'était de l'humour noir ! mais non ! mais non ! il le dit vraiment !) . Là.
Ma phrase préférée (c'est Sarko qui parle) : "Pour le reste, il a sa personnalité, son tempérament."
C'est dans ce monde-là que je suis née ou je suis passée dans une autre dimension sans m'en apercevoir?
14 décembre 2007
Sdf à l'Elysée / méchoui à l'Elysée : le charme discret de la dictature
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vendredi, décembre 14, 2007
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Conclusion
1. reprendre les points de chaque partie : Bon, on a vu qu'avec la culture du travail et une expérience internationale on ne réussit pas forcément à faire son trou dans une WC. Donc il faut employer des méthodes anciennes, se faire des relations, copiner avec des gens importants, genre facebook mais en vrai, et moins travailler.
2.Répondre à la question posée par la problèmatique : un peu, que le monde est pourri : il ne colle pas avec l'instruction publique ni le politiquement correct, alors pourquoi on nous le dit pas hein?
3. Ouvrir le sujet vers l'avenir : quel avenir? La seule solution c'est de devenir arriviste. Ou ermite (SDF). Mais on ne peut pas tout arrêter : après on vit de quoi? Comme des souris de laboratoire, faut continuer à courir.
Le début était mieux que la fin, hein? Je me suis fatiguée sur la longueur. Mais vous saisissez l'idée.
La prochaine fois : Welcome to Six Sigma World. (mais il faut que je réfléchisse)
Il ne pleut plus.
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vendredi, décembre 14, 2007
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13 décembre 2007
Intempéries
Il pleut que c'est affreux. Je déteste la pluie. L'eau, d'ailleurs.
Du coup, blogger fonctionne mal. Enfin pas blogger, ma connexion.
Quel est le rapport entre l'eau et internet? Les fils ils sont sous l'eau, ou alors maintenant c'est satellite alors ça fait quoi, l 'eau?
J'ai supprimé un message mais je l'ai remis, mais sans les commentaires.
Mon Dieu ce qu'il pleut. Je déteste, je déteste.
Une petite tempête tropicale pour la route?
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jeudi, décembre 13, 2007
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World Company II - Part C : at least we found the solution
(je parle anglais, c'est l'influence de l'interface de Blogger, qui m'emm....)
Troisième partie : manager sa progression dans la boîte quand on est travailleur, naïf et qu'on croit au système (et victime de l'instruction publique dans une province ouvrière française).
a. Analyse.
T'as fait comme on t'a dit, t'as travaillé, tu t'es investi, tu as fait tienne le devenir de ta boîte.
ça marche pas.
Tu discute avec ta femme, qu'a fait des études avec papiers qui servent à rien et elle te parle de l'ancien régime, Charlemagne et les rapports d'homme à homme, le serment de fidélité à l'empereur, la recommendatio, et elle t'emmerde parce que tu vois pas le rapport avec la choucroute. Mais ta femme elle-même elle cogite dur sur le sujet.
Sous l'ancien régime, les rapports d'hommes à hommes étaient la base de tout. On n'existait qu'en fonction que de ceux que l'on connaissait. On a un exemple du système à une époque tardive si on lit des romans russes, par exemple, dont les héros essaient d'approcher les hommes importants à coup de lettres de recommandation pour en obtenir des bienfaits. Le début des Trois Mousquetaires, roman génial, raconte comment d'Artagnan est furieux d'avoir perdu la lettre rédigée par son père à l'intention de M. de Tréville : sans la lettre, il ne peut rien obtenir. Mais il va se faire des potes : et du coup il va y arriver quand même.
Maintenant, on n'a plus recours à ces pratiques, fi donc, on rationnalise. Mais ta femme a découvert que tout n'était que mensonge et elle part de la thèse, hardie, que non, l'Ancien Régime est éternel, et que si, on choisit sur recommandation. Etre connu et apprécié, voilà le mot.
Dans les journaux et sur Internet ils disent pareil. Mince. Donc c'était vrai. Tout n'était que mensonge. Il faut pas travailler, être poli et tout faire bien pour que la boîte fonctionne.
b. Actions suggérées.
Il faut être copain avec un max de gens, et de préférence, les bonnes (chefs, sur chefs, sur sur-chefs, et même dans la boîte d'à côté).
Il faut mettre sur pied des PROJETS, des INITIATIVES STRATEGIQUES, des PLANS D'ACTION. Et encore, je suis pas forte en jargon.
Attention : ne commets pas l'erreur fatale de croire qu'il faut les appliquer et donc travailler. Non, non. Tu délègues. Si ça va pas, tu gueules. Là, je cède la parole à Patsi (de Ab Fab) : Tu traites mal tes employés, tu les sous payes, et tu les vires avant qu'ils commencent à te mépriser.
Analysons fissa la structure de WC.
Un siège dans une olympe américaine (trop loin ; tu respectes, mais tu négliges) ; une subdivision régionale du genre : Amérique - Europe Middle East - Asie pacifique - en option : Afrique avec directeur régionaux (ça se rapproche ; tu vénères, rarement, mais avec feu) ; des sous directeurs régionaux - nous : South Europa (tu t'animes, tu participes, tu suggères, tu video-confères, tu te formes - bon, la formation, très bon, preuve de dynamisme et de confiance dans la structure); directeur de site : ton pote ! et sous-directeur de site : ton pote n°2 ! et les directeurs de service (toi - les autres : prudence, mais écrase si l'occasion se présente).
Tous ces gens, au dessus de toi, pensent. Donc toi, tu penses pas : ils le font. Ils te recrutent pour tes compétences décoratives, mais surtout tu les gardes pour toi. Tu appliques ce qu'on dit. Le département des Bonnes Idées (émanation du siège régional, europe du centre, je veux dire du centre économique) dit qu'il faut acceillir les clients avec des petits fours sucrés? Petits fours sucrés. Le département décide de supprimer les petits fours pour les remplacer par des dames en liquette? Dames en liquette. Tu vires le mec des petits fours, sans le payer, sinon ça fait plouc - qui paie encore ses fournisseurs? Tu ne suggère pas que les dames en liquette pourrait servir les petits fours. De toute façon, c'est pas toi qui paie pas, c'est la boîte. Exit les dames en liquette, il faut un business center, ça fait plus pro, alors business center. Tu ne penses pas tu appliques. Mondialisation, centralisation, rationnalisation : un seul cerveau, des tentacules. Tu fais tentacule.
Tu deviens directeur de site.
Et là, c'est la suite qui me manque. On fait quoi, après?
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jeudi, décembre 13, 2007
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12 décembre 2007
World Company -part B, 3
B. les faits.
Mais c'est rien que des menteries.
En effet, l'Ours, travailleur acharné (il ne prend ses vacances que quand on l'y oblige - j'en connais d'autres, son assistant actuel est comme ça) aurait du réussir une carrière fulgurante. Il a tellement de compétences dans son domaine que c'est du gâchis, il veut travailler tout le temps et il veut absolument devenir riche et heureux en se mettant dans les grandes mains de la WC.
Je me souviens d'une époque où, quand je râlais sur ses boîtes pourries, il me disait avec noblesse. "Ah mais c'est le Jeu. C'est comme ça. C'est le Système. Il faut accepter".
Ah ouais, tiens, que je lui disais.
Vu son passé, voilà ce qu'il croyait. Tu cravailles tu cravailles tu cravailles, et la WC, tellement elle est contente que tu cravailles, elle te promeut et à la fin t'es le big boss, ou dans les big boss, quoi.
C'est ce qu'on fait croire aux ouvriers (cf la citation d'hier) pour leur donner du coeur à l'ouvrage.
On leur fait croire qu'on vit dans une société ascendante. Et ils le croient. Alors qu'il suffit de faire un tas de terre ou de sable ou de caillou ou de riz de blé de n'importe quoi pour observer la forme d'une pyramide et constater qu'en bas il y a plus de terre/sable/riz/caillou/gens qu'en haut et que tout ceux d'en bas ne peuvent pas monter. Si on remue le tas, ça remue mais il y a toujours plus de machins en bas qu'en haut.
C'est Le Grand Mythe du Capitalisme.
Je me moque, mais pas trop. Moi je croyais, je l'ai dit déjà, qu'avant les gens ils étaient tous bêtes et malheureux et que grâce à la démocratie ils allaient tous devenir heureux et tout et que l'Histoire avait aussi un sens ascendant et que les gens étaient tous sur terre entrain de devenir heureux, avec un peu de retard pour les pays pauvres (normal, ils étaient pas français ni européens c'est pas de leur faute). Moi, c'était Le grand Mythe de la Démocratie. Chacun ses illusions, quoi. N'empêche que l'Ours et moi on était fait pour s'entendre, non?
Donc, l'Ours a cravaillé, cravaillé, cravaillé, et il s'est fait prendre pour un con!
Mince. Le système marchait pas.
What to do? (comme disent les Indiens)
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mercredi, décembre 12, 2007
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11 décembre 2007
World Company II, part B 2.
Deuxième partie : bosser dans une World Company.
A/ La théorie (suite)
b. Applications pratiques.
Donc on est dans un monde rationnel où on observe les gens avec raison, et on les utilise là où ils sont le mieux pour la monde, et, plus précisément, pour la société. Donc il existe un département dit des Ressources Humaines, dont le chef analyse et décortique soigneusement l'être profond des employés. Car les progrès de la raison ont amené les entreprises à prendre conscience de l'importance du POTENTIEL HUMAIN. C'est vachement important le potentiel humain. Dans les temps modernes, film de Charles Chaplin, on a un exemple facétieux d'entreprise ne respectant pas le potentiel humain de ses employés et essayant de les transformer en machines.
Mais c'était il y a longtemps, longtemps. Maintenant on n'est plus comme ça. On cherche à motiver les gens.
Dans les World Company c'est encore plus vrai. On a besoin de gens compétents. Travailleurs sérieux. Car la puissance de la société vient de ses membres, pas vrai? Si on motive les employés, si on sait les amener à donner le meilleur d'eux-mêmes, alors la société gagnera plus de sous et les employés seront mieux payés, et ils seront plus heureux et tout sera formidable merveilleux.
D'accord? Vous me suivez?
Une petite citation :
"Les indigènes eux ne fonctionnent guère en somme qu'à coup de trique, ils gardent cette dignité, tandis que les blancs, perfectionnés par l'instruction publique, ils marchent tous seuls. La trique finit par fatiguer celui qui la manie, tandis que l'espoir de devenir riche et puissant dont les blancs sont gavés, ça ne coûte rien, absolument rien. Qu'on ne vienne plus nous vanter l'Egypte et les tyrans tartares ! Ce n'étaient ces antiques amateurs que petits margoulins prétentieux dans l'art suprême de faire rendre à la bête verticale son plus bel effort au boulot. Ils ne savaient pas, ces primitifs, l'appeler "Monsieur" l'esclave, et le faire voter de temps à autres, ni lui payer le jouranl, ni surtout l'emmener à la guerre pour lui faire passer ses passions."
Ch'est qui?
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mardi, décembre 11, 2007
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09 décembre 2007
World Company II - Part B
Suite de l'Ours.
Au Zétazuni, l'Ours est un peu malheureux parce que les Unions (syndicats), superpuissants, empêchent les stagiaires de travailler. Les stagiaires ne peuvent pas bosser plus que de 9 heures du matin à 5 heures du soir. Même s'ils veulent. C'est horrible.
Et l'Ours fait son stage dans une World Company qui suit les règlements locaux. Il apprend plein de trucs. Dont l'anglais. Il rencontre des tas de gens. Dont Dany Glover et Phil Collins (il les croise, hein, c'est tout).
Il revient et là il veut travailler dans une World Company parce que les standards sont plus élevés. Et dans une World Company on peut aller à l'étanger.
Alors il trouve un boulot dans une World Company, que nous désignerons ci-après par le sigle WC1, puis dans European Company (EC) et maintenant il retravaille dans une WC2.
Deuxième partie : bosser dans une World Company
A. La théorie.
a. fondements idéologiques. Avant, le monde était affreux. Les riches avaient le pouvoir, et les pauvres n'avaient aucun droit. Mais heureusement, les pauvres, qui en avaient marre d'être malheureux, ils ont fait une REVOLUTION. Surtout en France. Surtout à Paris. Le parisien moyen fout volontiers le bordel dans sa ville, et ce, depuis une époque extrêmement reculée. Saint Louis, par exemple, ramait sec avec les parisiens. Mais Saint Louis s'en est super bien tiré ; Louis XVI, moins. Donc les Parisiens ont fait une REVOLUTION pour apporter le BONHEUR à tout le monde en général, les Parisiens, les Français, et les Européens. Non, parce que nous les Français on est super intelligents et super sympas. La révolution a eu des moments un peu désordonnés (et là, en aparté mais je promets je ne disserte pas, je me souviens de ma prof d'arabe, une soeur, libanaise, catholique, née en Argentine, de nationalité française, et ayant passé toute sa vie dans un pays que je me réjouis d'avoir quitté, qui me disait : le parti baas est un bon parti, à la base, c'est un parti comme Robespierre - rien, c'est tout, j'ai rien dit, j'y repenserai une autre fois) désordonnés disais-je, mais ne faut-il pas être indulgent envers le peuple qui a apporté la Vérité au Monde? (Je veux dire le Concept de Base de la Démocratie, non, c'est pas les Anglais, j'aime pas les Anglais, ils boivent la bière tiède).
Donc après la Révolution et après qu'un petit monsieur ait essayé de conquérir l'Europe pour la rendre heureuse, mais l'Europe n'a pas voulu, franchement on se demande et d'ailleurs les Anglais (des jaloux) et les Espagnols (morts plus qu'à moitié, et à qui on donne tout de même à boire, disait mon père), tout le monde en Europe s'est mis à faire plus ou moins comme en France (des révolutions) mais moins sanglantes je trouve, et les gens se sont mis à être heureux. Au lieu de subir leurs gouvernants, ils les ont élus, ce qui est mieux; les gouvernants élus ont déclenchés des guerres, et là, on a sacrément vu la différence! Foin de ces petites guerres amateurs, avec lancers de soldats à pieds les uns contre les autres, dans le désordre et le cafouillis ! tu rigoles : les gouvernements élus ont fait les choses super bien (fallait qu'ils soient réélus) : de la technique, des avions, des chars, de la chimie, de l'efficacité, merde, quoi : donc massacres, tueries, mais dans les grandes largeurs, pas mesquin, amateur comme avant. Les gouvernements ont (enfin) réfléchi. Plus d'amateurisme. De la réflexion, les mecs. On classe les gens. On les observe, on les analyse, on les quantifie. On cherche le plus apte. Le moins apte. On trie (mais rationnellement, on n'est pas des sauvages). Ceux qui sont inutiles pour la société, en a-t-on besoin? Voyons : il me semble inutile de conclure : la réponse à cette question ne s'impose-t-elle pas d'elle-même? Ceux qui sont utiles, en a t-on besoin? Même remarque. C'est en Allemagne que le processus a été le mieux affiné - mais la méthode a déplu. Mauvaise comm. Encore qu'il faille relativiser : le communicant de l'époque a posé les bases de la propagande moderne, mais avec un manque criant de délicatesse ; on fera plus fin.
Voilà. Donc, là si vous voulez, on est heureux. Le commerce et l'industrie se développent, promesse certaine de bonheur. Equipement des ménages, d'abord en truc utiles, puis inutiles, puis virtuels (et là on touche au sublime).
Il y a un rapport avec la suite : retenez rationalisation, méthode, objectif bonheur.
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dimanche, décembre 09, 2007
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08 décembre 2007
Retard
J'ai plein de trucs à dire, et je ne le fais pas, c'est nul.
Mali a donné une adresse de Martine Cover Generator qui marche.
Blogger fait ch..., je vais mettre les commentaires sur Haloscan, mais je traîne les pieds, de céder à la pression. De deux choses l'une soit je vous connais, et je connais votre blog (d'ailleurs il faut que je refasse mes liens, qui datent du Moyen-Age), soit vous mettez le lien dans les commentaires, j'aime bien aller sur les blogs des gens.
Valérie de Haute Savoie : quand on n'a pas de compte blogger, on ne peut plus mettre son site en lien dans les commentaires.
Il y a un générateurs de Pieds Nickelés, moins bien que celui de Martine, mais marrant.
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samedi, décembre 08, 2007
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07 décembre 2007
World Company II - part A
Introduction :
1. petite phrase générale pour présenter le sujet. Penchons nous quelque peu sur le cas de l'Ours.
2. Trouver la problématique. En quoi l'Ours est-il représentatif de la société pourrie dans laquelle nous vivons.
3. Annonce du plan : d'abord on va causer de l'Ours, après de son boulot et après on analysera les deux ensemble. (3 parties, c'est bon, on est sauvé)
Première partie : Présentation générale de l'Ours.
A. Origines socio-familiales.
L'Ours vient d'une région ouvrière, dans laquelle on a le choix entre être ouvrier ou être patron, à la base. D'un côté de sa famille, on est ouvrier (la Grande Tradition Ouvrière, pas communiste, quelle horreur). De l'autre, petit commerçant. Dans cette région, on a le Culte Du Travail. On n'est pas malade. On n'est pas handicapé. On n'est pas feignant. On bosse. On a le sens des priorités. Patron donner travail, donc patron : bon. Respecter patron. Courber son dos, fermer sa gueule, et bosser.
Quand les usines et les mines ferment, c'est le bordel, mais on ne se plaint pas : c'est la vie. C'est la société qui change. C'est pas la faute du patron. De toute façon, si on bosse on s'en sort toujours. Il y en a qui se plaigne : bon, c'est vrai que pour certains c'est dur, mais dans l'ensemble, si l'on n'est pas feignant, on trouve toujours du travail.
B. Formation
Détail anecdotique, la région de l'Ours est celle où l'on fait le moins d'études supérieures généralistes de France ; et donc, le plus de formation pas généralistes, supérieurs, ou pas, des formations, hein, pas des études de feignants avec des papiers assis à un bureau qu'i dit qu'i travaille mais que tout le monde sait qu'i fout rien parce que faut pas nous prendre pour des branques, du travail, dont, avec efforts, sueurs, et heures.
Donc, l'Ours, a 14 ans, entre en lycée professionnel (NDA : au même âge, dans la banlieue ouest, au milieu des arbres et des petits zoizeaux et des lacs, nous ne parlions qu'en chuchotant de ceux qui s'étaient fait ORIENTER ; je croyais que ceux que l'on ORIENTAIT était juste au dessus des débiles légers ; je ne blague pas ; mais j'étais très cruche et ma banlieue n'était pas hyper portée sur la mixité sociale). Mais l'Ours, lui, veut travailler. Il veut. On lui propose le BEP, parce qu'il est bon élève, mais il veut pas, les études 'est pas son truc, il fait un CAP. Il a son CAP et ses profs lui disent tous qu'il DOIT faire le BEP alors comme il est poli bien élevé et qu'un prof c'est un peu comme un patron (en plus feignant, hein, tout le monde sait que les profs foutent rien), il obéit. Il fait le BEP.
Et là ses profs lui disent qu'il doit passer le bas pro. Il passe le bac pro, il en a marre il veut bosser, merde ! Et après le bac pro les profs lui disent de faire le BTS, ce serait con, au point où il en est. Pfff. les profs, putain, c'est pénible. Mais bon il fait le BTS. Et là ils lui disent que dans le lycée il n'y a plus rien mais il y a dans un ville de France un master et dans un ville de l'étranger une école qui - mais non, merde, là l'Ours en a marre, il veut bosser, isonkon ces profs.
Je vous rassure : l'Ours a déjà bossé, hein. Ils ont pas pu l'en empêcher complètement (ils essayé pourtant). Il a fait des stages de trois mois pendant les grandes vacances (qui durent deux mois et demi) et il bossait tous les samedi, et parfois aussi le dimanche. Et aussi pendant les petits vacances toutes pourrites qu'on met pendant l'année, tout ça.
Donc l'Ours commence à travailler ; et là c'est le bonheur. Il commence à sept heures du matin, il finit à minuit, il est payé le Smic : la vie, la vraie, enfin ! Son chef du premier boulot le repère, et quand il est muté, il le fait venir avec lui dans un deuxième boulot, où il se fait une super bande de potes qui bossent tous avec lui de sept heures du matin à minuit. Ils s'éclatent comme des fous. Naturellement, il ne prend pas de vacances, eh, oh, ça va pas, non? Et l'école, c'était quoi, hein? Des vacances : donc il a eu six ans de vacances, il va pas remettre ça, non?
C La suite.
A ce stade, l'Ours rencontre une jeune fille, qui a un parcours complètement différent mais il ne s'en rend pas compte tout de suite. Elle parle tout le temps, vit avec un pull énorme et un pantalon en toile de bache qui lui donne un peu l'air d'un sac de pomme de terre animé, habite Paris mais n'hésite pas à sortir de temps en temps, avec un guide et des porteurs, pour visiter la Province, fait des études de trucs bizarre genre pour être prof mais elle veut pas devenir prof, travaille en même temps dans un truc super bizarre. L'Ours n'a jamais vu de fille comme ça avant ; il n'avait même pas le concept, il pensait pas que des gens comme ça existait (la fille non plus, avant de rencontrer l'Ours, elle savait pas que des Ours existaient). Du coup, l'Ours tombe amoureux, la fille aussi. Avec le Travail de l'Ours et le fait que la fille a l'impression de partir en expédition chez les Zoulous dès qu'elle n'est plus dans le métro, c'est pas facile mais bon. Chacun des deux trouve l'autre tellement exotique que tout le monde fait des efforts.
D. la resuite.
Et là, il arrive un truc de ouf à 'l'Ours : un pote à lui lui fait obtenir un superstage dans un superboîte américaine dans une super grande ville. Or, l'Ours a toujours rêvé de partir à l'étranger. L'Ours en parle à la fille qui dit ouais super chouette tous ses copains à elle partent dans des villes faire des stages à l'étranger (mais pas elle ; elle quitte pas le métro, la fille, elle a trop peur). L'Ours en parlent à ses parents qui paniquent : les Zétazuni!!! La mafia ! Le bronx ! Epi c'est loin, epi personne a jamais fait ça dans la famille sauf sa soeur qui habite à 50 km de chez ses parents, déjà c'est une AVENTURIERE. Mon fils, ces choses là (les ZeTAZUNI) ne sont pas pour nous. Reste à ta place. On te propose une bonne place à un peu plus que le smic, tes chefs t'estiment, dans 20 ans tu ganeras deux smic, peut-être même trois, tu auras une maison deux voitures achetées à crédit avec peut-être un chien un femme courageuse trois zenfants le ouikend tu iras manger chez papa, ou sta soeur, ou l'autre soeur, mon fils, pourquoi tu vas partir?
Et l'Ours part. Il désobéit ! Il casse le moule familial ! Il part à l'aventure il parle même pas anglais ! Et la parisienne qui quitte pas son métro elle lui dit pas non, et elle part pas avec lui (y a un métro là-bas mais c'est pas le même). (Elle finit ses zétudes pour être prof mais elle veut toujours pas être prof).
To be continued.
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vendredi, décembre 07, 2007
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03 décembre 2007
Martine est très pop
Je mets le lien, parce qu'il n'y a pas que la Bibliotheca Classica Selecta et que je me tords de rire devant ça.
Mais c'est beaucoup moins drôle que le regretté Martine Cover generator.
J'avais aimé "Martine a loupé son test ADN".
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lundi, décembre 03, 2007
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01 décembre 2007
Noël, 1
Je déteste Noël, les anniversaires et les mariages.
Or, j'ai deux enfants.
Je veux être une bonne mère.
Donc je suis embêtée.
Mais j'ai trouvé la solution pour Noël.
Je l'ai déjà dit du reste, mais là on va être en plein dedans, sans compter que papa travaille tout le temsp et qu'il ne sera probablement pas hyper présent pour les fêtes. Je parle peu des rapports de l'Ours avec son travail parce que - parce que. Je risque d'exploser.
Bref. Recentrons-nous sur les fêtes.
Je décore la maison (dans le genre surchargé) dès début décembre ; cette année j'ai décidé de le faire par étapes, parce que quand on a tout mis des le 3 ou le 4, le 24 on ne voit plus des décos.
Je vais faire un truc du genre : un machin par jour, ou quelque chose dans ce goût-là.
Donc, aujourd'hui : calendrier de l'avent.
Mercredi (papa expected) : repas de Saint Nicolas (enfin je ne sais pas si c'est très Saint Nicolas, mais foie gras saumon iberico cava chips coca glaces speculoos si j'ai du courage - la fin de la liste c'est pour les enfants, comme ils ne boivent que très rarement du coca, je suis une mère très chiante, le coca ça fait fête).
Jeudi matin : passage de Saint Nicolas : chocolat.
Semaine suivante : Sainte Lucie. Je ne sais pas ce que je vais faire, mais je le ferai en blanc et bleu, avec des mini bougies.
Semaine d'après : Noël, sans Papa, mais on l'aura peut-être le 25 au matin (cadeaux). Brunch de Noel envisagé (saumon, iberico, foie gras mi-cuit).
Semaine d'après : je dois trouver un truc. Sinon, je me bourre la gueule toute seule au cava (avec du saumon, pour éponger).
Semaine d'après : Reyes magos. (Saumon, etc).
Entre deux : patates et courgettes. Oui, parce qu'en quittant le Tiers Monde, on a eu une baisse de revenu. Ce que c'est que d'aller vivre dans des pays riches. D'autre part, je ne supporte plus de manger riche (cette fois, je parle de mon foie et plus de mon porte-monnaie). Le foie gras, j'adore, mais après c'est courgette et bouillon - je m'en fiche, j'aime les courgettes et le bouillon.
Cadeau bonus : le lien pour la cancion de navidad que Fils Aîné, partagé entre l'horreur et le fou-rire, va chanter lors d'une fête ou d'un truc (concours de chant?) organisé par le Corte Ingles.
Vous apprécierez le look de la petite fille sur la gauche, derrière Nicolas le jardinier miniature.
La minute culturelle, oecuménique et qui fait flèche de tout bois : tout cela pour nous rappeler que les trois religions monthéistes prennent racines dans la même culture. Amen.
(je dis ça mais attention. J'adore les chants religieux, j'adore les chants religieux de Noël espagnols, ils sont drôlement plus gais que les français et j'adore, mais alors j'adore le kitch sous toutes ses formes, et le kitch religieux espagnol, croyez moi, ça arrache grave! Il faut que je me fasse une galerie de photo).
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samedi, décembre 01, 2007
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29 novembre 2007
Amitié : 1
Au fil du temps j'ai perdu tous mes amis.
Comme mon moral remonte doucement au fur et à mesure que mon environnement nouveau me devient familier, je vais pouvoir en parler sans pleurer après comme une madeleine.
Cela étant, je dois rechercher s'il ne m'est pas arrivé aussi de ne pas faire d'efforts avec d'autres personnes.
Bref. Je vais aussi essayer d'être concise et de ne pas faire de phrases.
Nous appellerons Sara ma première amie; je la rencontrai, paraît-il à 18 mois. C'était la fille de voisins de mes parents, du temps où mes parents sympathisaient avec leurs voisins. Ultérieurement, ces voisins déménagèrent un peu plus loin dans la rue; puis dans le Nord de la France; avant de revenir en grande banlieue parisienne.
Sara partit donc fort loin quand nous avions huit ou neuf ans; je regrettais son absence par phase ; je n'y pensais parfois pas, mais je ressentais parfois un manque énorme, à hurler, et je pensais à elle presque en pleurant (intérieurement). Il me semble aujourd'hui que je me noyais semi-volontairement dans une tristesse qui n'était pas entièrement due à son absence.
Nous nous écrivions, sur du papier à lettre de petite fille : rose, puis crème, avec des photos de jeunes filles floutées, assez cucul.
J'allais la voir, avec mes parents et ma soeur, dans le Nord, des villes un peu sombres, me sembla-t-il, mais elle habitait près d'un golf. J'avais beaucoup d'asthme à l'époque, et le souvenir que j'ai de cette visite se mêle bizarrement au goût du ventoline, à la légère douleur en bas des côtes que j'avais lors des crises et à ce sentiment de bouillie au goût de plastique chaud qui m'empoissait les poumons. Nous logions chez eux, partagions leur vie, et comme nous ne vivions comme personne, je trouvais tout étrange. Mon amie et ses frères faisaient de nombreuses choses qui m'auraient été parfaitement interdites et qui, dans ce contexte, semblaient normales, ma mère abdiquant ses diktats pour quelque temps : du vélo dans le lotissement, des balades dans les bois, de la lecture dans le salon (moi, je ne pouvais lire que dans ma chambre), de la peinture et de la pâte à modeler (ma mère trouvait les travaux manuels, vantés comme instructifs par la mère de mon amie, complètement idiots, sauf si on aimait cela, et elle savait que je n'aimais pas - ma mère savait tout sur moi, même des trucs que j'ignorais, tellement elle était forte). Toute cette liberté me perturbait complètement, et je ne profitais pas du temps avec Sara. Habituellement enfermée tout le temps chez moi, j'avais l'impression de flotter dans l'espace comme une bohémienne.
Elle revint en grande banlieue quand j'avais 13 ans; je lui rendis visite un jour, de moi-même, sans vraiment prévenir mes parents, je pris le RER, changeai à La Défense, puis pris le train de banlieue. Elle m'attendait à la gare, un peu surprise; elle était venue avec son frère, en vélo. Il me semblait avoir traversé des continents pour la rejoindre, et elle ne parut que surprise.
Nous avions commencé de nous séparer, et je ne comprenais pas pourquoi; depuis son départ, j'avais toujours attendu nos retrouvailles, et chaque fois été déçue par elles, et cela ne faisait qu'augmenter : mais je ne parvenais pas à comprendre ce qui n'allait pas. Quand je lui téléphonais, elle ne disait pas, je le savais, tout ce qu'elle sentait, mais pourquoi?
Son père était bizarre, traumatisé par je ne sais quel souvenir d'enfance, lié à la guerre et aux camp, l'un de ses parents étant juif ; violent, très dur, sarcastique, avec une mollesse dans le bas du visage ; il me faisait très peur. Sa mère ne valait guère mieux, mais elle était plus douce, pleurait tous les jours à cause de son mari, racontait tout à ma mère qui en parlait devant moi, et je frissonnais de stress ; elle quitta son mari qu'elle avait épousé sous les régime de la séparation de biens, très tard, vers la cinquantaine, pour un autre homme de soixante-dix ans, qui ne l'épousa pas, mourut deux ans après et la laissa sans aucune ressources, obligée de travailler, à plus de 50 ans, et au noir - une situation abracadabrante.
Sara, vers l'âge de 15 ans, eut de gros problèmes avec ses parents et se lia avec une famille voisine, au point d'y passer son temps, et d'y être comme une deuxième fille. J'avais alors d'autres amies, mais je me sentais jalouse : pourquoi pas moi? Pourquoi n'était-elle pas aussi amie avec moi? la réponse me paraît claire maintenant : mes parents étaient trop proches des siens, malgré l'esprit hyper-critique dont ma mère faisait preuve envers eux, ma mère était aussi sympa et maternelle qu'une perceuse électrique et nous habitions trop loin.
Je réalise que je ne lui avais jamais dit que je me rendais compte qu'elle ne me disait pas tout, que je ne lui parlais pas, par pudeur, de sa famille, parce que je ne savais pas trouver les mots; il me reste encore beaucoup de cela. Je ne sais pas quoi dire aux gens, très souvent. Plus tard, une autre amie, très proche, pleura devant moi à cause de la mort de son grand-père; je ressentais sa douleur avec tant de force que je me sentais suffoqué et oppressée, mais je ne dis pas un mot. Nous étions dans un bus, elle pleurait, mes pensées tournoyaient en vertige dans ma tête et je dis rien, je ne pris pas sa main, je ne la pris pas dans mes bras. Je n'ai réussi à exprimer mes sentiments qu'avec mes enfants.
L'éloignement, et l'incapacité à communiquer vraiment furent donc responsables de notre éloignement.
J'ai toujours des nouvelles de Sara; je me promets de l'appeler très souvent ; je l'ai appelé il y a trois ans, pour écouter encore ce pesant silence entre nous.
Elle s'est mariée avec un de mes anciens camarades de classe, grande famille, des sous partout, des appartements, des villégiatures ; mariage au cercle militaire où je ne suis pas allée : je déteste les mariages; je n'ai même pas offert de cadeaux, parce que je n'y ai pas pensé - oui, eh oui, j'ai mis dix ans à comprendre qu'on offrait des cadeaux aux mariages, par principe, moi je croyais qu'on offrait des cadeaux quand on était proche des gens et qu'on savait comment leur faire plaisir, je n'étais pas au fait du cadeau social, d'ailleurs j'ai toujours du mal à m'y faire ; je lui ai rendu visite, dans le VIIème, au village suisse. Je me suis engueulé avec un antiquaire à qui je demandais mon chemin, perdue dans les escaliers. Elle habite un immense appartement qui m'a rendu mélancolique, parce que je me suis demandé ce qu'il nous restait en commun, à la fin : elle école de commerce, lui Normale sup + Sce Po, ce monde que je connais bien, dans lequel je n'ai jamais pu m'intégrer, et que j'ai toujours fui, avec peur, en me sentant cloche, nulle, incapable d'avoir cette assurance terrifiante des filles de bonne famille qui ont fait des écoles de commerce, et même celle des filles pas de bonnes familles, qui ont fait les mêmes études et adopté les codes (alors que finalement j'en suis une aussi, même si j'ai été tenue loin des courts de tennis, des chevaux, des rallyes, ce qui, au final, m'a placé en position d'étrangère par rapport à mon entourage "naturel"). J'ai pensé à l'Ours, à sa famille, à mes amies éclectiques, étrangères souvent, mais pas de nationalités qu'on retrouve dans le VIIème. J'ai eu un vertige en me demandant où j'allais, ce que je faisais de ma vie, oui, je sais, on doit faire ce qu'on veut, mais j'ai plutôt improvisé, dans ma vie. Je ne veux pas de sa vie de repas entre gens importants (son mari place de l'argent pour des riches clients d'une banque), je sais, et avec quelle acuité, comment parlent ces gens, de quoi ils parlent, et comment ils s'éblouissent par petites touches, finalement aussi ploucs que d'autres moins bien élevés : ils s'épatent dans des dîners en ville, à coup de vacances luxueuses, ou de voitures chères achetés - je ne sais pas si je me fais comprendre, il faudra que je précise. Mais j'ai bien aimé ce sentiment sécurisant de faire, si je puis dire, partie de ce que l'on pourrait appeler les "Maîtres du monde". Samedi nous recevons les Bidules, tu sais, le député, et la semaine prochaine nous retrouvions les machins, tusais, l'éditeur, aux (nom d'une station de ski, ou balnéaire). Proust, sans la crinoline, et sans les phrases.
Bon, j'ai aimé frôler cette ambiance, mais je ne peux pas rentrer dedans, je voudrais pouvoir, ce serait sécurisant, mais je ne peux pas, quelque chose me tord le ventre quand je suis devant des gens comme ça.
Ah!!! J'oubliais le meilleur. Elle m'a fait, cette fois-là, un cadeau. Elle me tend un CD, que j'ouvre, machinalement ; il ne contient pas de CD (suis-je donc béotienne que de l'avoir cru); mais une feuille de papier pliée, marquée de mots et de dessins vagues. C'est un ami à eux, un artiste que fait de l'art quelque chose, et là, en ce moment, son concept, c'est l'art dans des boîtes de CD et elle a pensé que comme j'avais toujours eu un tempérament artistique - hein. Je prends le truc en disant "ah".
Moi, je lui avais amené des chocolats.
Je suis partie en me demandant qui j'étais.
Bon, mais je la recontacterai, pour le fun. En plus, maintenant l'Ours évolue vers des postes prestigieux (pas encore ; mais s'il est sage). Je pourrais lui dire : mon mari est pouet pouet pouet. La petite lumière s'allumera dans son oeil. Ah? dira-t-elle.
Trouvez-moi futile. Mais cela me fera plaisir d'avoir "réussi" selon ses critères. C'est déjà assez dur de ne pouvoir parler de Thucydide avec personne. Ou de Proust. Alors, un peu de caressage d'ego, ça fait du bien. Même si ce sont des caresses usurpées.
C'était une amie, très chère, de mon enfance. Je ne peux pas couper. J'ai encore dix ans. Je voudrais la toucher, l'atteindre. C'est idiot : mon silence de quand elle avait des problèmes avec sa famille lui a peut -être fait de la peine. Ou, sans lui faire de la peine, ne l'a pas aidée. Je suis responsable de cela. Si nous étions demeurée proches, elle me paraîtrait moins ridicule, au milieu de ses relations artistico-politiques à la con. On a le droit d'aimer tout le monde, même les gens qui ont des vies sociales mondaines. Si je la retrouve, je la garde. Elle fait partie de moi.
Il y a dix ans, ou plus, ou moins, enfin l'année de sa sortie, j'ai vu Mina Tannenbaum. Je suis sortie de ce film en pleurant comme une fontaine (pas à l'intérieur - de vraies larmes). Il y a un peu de ça dans mon rapport avec cette fille ; il y a un peu de ça dans mon rapport avec toutes mes amies.
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jeudi, novembre 29, 2007
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27 novembre 2007
Antiquité
J'ai oublié de donner deux liens quand j'ai parlé de Thucydide. Bon d'accord tout le monde s'en fout mais moi ça me fait plaisir.
Primo, la Bibliotheca Classica Selecta.
J'adore ce site. D'abord, j'aime bien ce qui fait fac (vous sentez l'odeur de poussière humide et d'encens, vu que c'est catho? Moi, si. Dès que je me connecte, c'est le Nom de La Rose ; de l'avantage d'avoir une imagination débridée). Au cas où vous avez envie, comme ça, d'un petit coup de latin ou de grec, hop : BCS. Dommage qu'il n'y ait pas la même chose pour l'arabe. Les textes sont traduits (non parce que j'ai un mal de chien à les lire sans traduction ; avec la trduction, je peux suivre le texte latin, ce qui est très agréable, mais sans, je sèche).
Ils ont des sigles délicieux pour leurs différentes parties, des trucs pas du tout mode, à la fois fonctionnels et d'un antipoétisme poétique (je sais pas si je suis claire). E-trav, E-trad, E-ress, c'est moche mais précis. Après, nous avons aussi Itinera Electronica, nettement plus poétique, mais seulement le titre. Nous avons des exercices ludiques (pour apprendre le latin ; j'adore ; essayez ; c'est presque aussi marrant que World of Warcraft).
N'hésitez pas à taper sur LPE. Pas poétique du tout, sauf pour l'Initié, qui Sait qu'il s'agit de Lupa Capitolina Electronica (merveilleux, non?). Et là, c'est le dédale (parce que leur site est tellement riche qu'on s'y perd un peu, mais c'est bon!) délicieux, merveilleux, des bouts de latin, des questions que vous ne vous étiez jamais posées et vous ne saviez même pas qu'on pouvait se les poser.
Je me moque, mais j'adore ce site.
Deuxio, Remacle.org. C'est bien aussi, mais on sent moins l'encens. Moins la poussière, aussi. Tout dépend de l'ambiance - moi, j'ai un faible violent pour tout ce qui évoque le Moyen Age, donc la religion, l'architecture romane, tout ça. Mais remacle c'est super. Ne vous laissez pas décourager par l'entrée, un peu austère. Cliquez sur textes latins traduits et commentés, et après sueurs froides. Et Pétrone, après. Anecdotes effrayantes. Il y a des textes sur l'amour, la vie, tout ça. Car les auteurs latins vivaient, mangeaient, tombaient amoureux, tout ça tout comme nous.
Dans les textes grecs, on trouve des textes orientaux pas traduits du grec. Je vous recommande le testament de Saint Ephrem, traduit du syriaque. Bon, il faut ne pas être fermé aux chrétiens orientaux du IVè siècle, mais pourquoi se priver de lire un texte écrit par une telle personne? Il n'y a pas que Philippe Sollers, dans la vie (je parle de lui parce qu'il vient d'écrire ses mémoires ; franchement, préférez le testament de Saint Ephrem ; c'est plus original).
Quelques extraits. Saint Ephrem est curieux (mais nous le respectons ; ce n'est pas de sa faute : il ne connaissait pas les droits de l'homme, la bombe atomique, les armes de destruction massive, le Conseil de Sécurité et tout ça).
I .L'huile a manqué dans la lampe ; mes jours et mes heures se sont enfuis.
J'aime bien ; très Ecclésiaste, oriental, type : vanité des vanité, etc.
Un petit aphorisme pour la route :
III : Le sage ne hait personne si ce n'est le sot. — Le sot, de son côté, n'aime personne si ce n'est le sot son semblable.
Une phrase mystérieuse :
XIII :Tandis que le raisin vif mûrit dans la vigne, le mort s'agite dans l'amphore.
Un autre aphorisme, vraiment curieux :
XVIII : La Vérité a coutume de patienter à la pensée que le fourbe pourrait se convertir. Dès que celui-ci croit qu'il s'est élevé et qu'il s'est sauvé, alors elle l'abat.
La Vérité est bizarre, non? Vous la voyiez comme ça, vous?
Voilà. Je ne connaissais pas Saint Ephrem ce matin. Vous non plus (ne mentez pas). On se sent plus cultivé, non? avec une petite note d'exotisme : plus fun que Platon, quoi. Encore que Platon gagne à être connu. Il n'a pas que parlé du mythe de la caverne.
Cela me rappelle quand j'étais prof et que j'arrivais en classe en disant : aujourd'hui, on va faire un truc rigolo. Le visage des élèves s'éclairait, et j'avais un peu de peine pour eux. Je précisais : Un truc rigolo de prof, hein.
A la fin du cours, l'un d'eux levait la main en disant : madame, vous aviez pas dit qu'on allait faire un truc rigolo?
Et moi : Mais on l'a fait. T'as pas trouvé ça rigolo, le testament de Saint Ephrem?
L'élève : ah. C'était ça.
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mardi, novembre 27, 2007
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26 novembre 2007
Métropolis
Métropolis.
J'ai vu ça, je devais avoir 15 ou 16 ans, au lycée, car il y avait un cinéclub. Ou bien au cinéma de ma ville. J'ai adoré. J'étais une fan de science fiction. En tout cas c'est vieux. Depuis, je ne l'ai jamais revu. Est-il ressorti en video?
(Je viens de réaliser que je pouvais mettre des liens vers Dailymotion ; il fallait le temps que l'information arrive jusqu'aux centres nerveux. J'ai ditqu'il y avait un décalage entre la réalité et moi).
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lundi, novembre 26, 2007
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23 novembre 2007
Distraite
D'autre part, je ne comprends pas la vie, les gens ; encore que cela s'améliore avec l'âge. C'est difficile à expliquer : en fait, je suis dans mon monde, et j'ai du mal à en sortir. Et quand j'en sors, je suis toujours perplexe et souvent déçue.
Les effets secondaires de tout cela sont nombreux :
- il m'arrive très souvent de ne pas comprendre les blagues ; je regarde les gens avec incrédulité ; et eux aussi car ils sont sûrs d'avoir plaisanté, donc ils pensent que je dois comprendre. On reste quelques instants suspendus dans le temps, jusqu'à ce que je comprenne que c'est une blague. Alors, soit je dis "ah ! c'est une blague!" ou alors je ris, mais trop tard.
- Je fais des blagues qui ne font rire personne, et qui me donnent juste l'air bizarre. Quand je fais ça, je me dis que je dois ressembler à mon père... pas enthousiasmant.
- Je ne vois pas les gens ou les choses. Si je ne vois pas les gens, je ne leur dis pas bonjour ; cela vexe ou semble impoli à un nombre incalculable de gens. Là où j'habitais avant, une mère d'élève de la classe de mon fils, et ensuite dans mes cours, était, je ne sais pourquoi, totalement invisible à mes yeux. En fait, je la voyais, mais il ne me venait pas à l'esprit de la saluer ; je n'avais rien à lui dire. Or, elle, elle tenait à me saluer parce que j'étais prof. Donc, pendant cinq ans, elle surgissait devant moi en me disant : "Bonjour!!!" et à chaque fois je me disais : "merde! j'ai encore oublié de lui dire bonjour!!". Mon esprit est aussi très contradicteur, même à mon corps défendant, et je crois que (car je la voyais) un blocage cérébral m'empêchait de lui dire bonjour : en effet, là-bas, vu l'impact désastreux de ma façon de traverser les foules de mères devant les écoles, je m'astreignais à dire "bonjour! bonjour!" à la cantonnade pour ne vexer personne. Donc, normalement, dans le tas, j'aurais du la voir et lui dire bonjour. Mais non. Cela me semblait si drôle que l'avant-dernière année, quand elle surgissait devant moi, je commençais à me marrer et je lui disais : "Mince! j'ai encore oublié de te dire bonjour!" Comme elle était très expansive, et que j'étais prof de son fils, donc il fallait qu'elle me fasse un peu de lèche au cas où, elle ne pouvait pas trop se vexer mais il était visible que ça l'énervait, et plus encore de me voir rire. La dernière année, j'avais à peu près fini par la repérer, et j'allais la voir en lui disant : "bonjour! t'as vu, je t'ai dit bonjour!", et ça l'énervait aussi, elle me disait : "oui, eh bien, tout de même, c'est normal, depuis le temps qu'on se connaît!".
- Je ne me vexe pas de grand chose, quand ces évènements ont lieu en direct dans ma vie, car souvent je ne ressens rien. Le truc me passe au dessus de la tête, comme on dit. Je capte pas que j'aurais du me vexer. Ou alors, je remarque bien que la personne est désagréable, mais je suis encore plus frappée par sa vulgarité, par exemple, ou son stress, je la trouve bête ou je suis gênée pour elle et je ne suis pas vexée. Il m'est arrivé qu'on me dise :" t'as vu comment elle t'a parlé?" et non, je n'ai pas vu, ni entendu. J'ai vu une femme affreusement vulgaire, ou stupidement hors d'elle, j'ai eu honte de cet étalage de cris, de sentiments, mais je ne me sens pas visée. Il m'arrive de me vexer, mais toujours de remarque dites doucement, et souvent, sans aucune intention de vexer. Une mère qui vient hurler que j'ai fait ceci à son fils ne me vexe pas, elle m'exaspère et je le trouve lamentable, et je me trouve lamentable de devoir me taper des gans comme ça. Une maie qui me dit : "C'est toi qui a fait ce gâteau?" Oui, là je suis très vexée. Cependant, j'ai appris que quand on a affaire à des gens qui s'énervent ou vous prennent de haut, même si on ne se vexe pas, il ne faut pas les laisser faire : dans certaines situations, par exemple si la scène a lieu au sein d'un microcosme (travail, famille, groupe derelations...), l'image de celui qui se laisse fairepeut en pâtir. Je m'en foutais, mais je me suis rendu compte qu'il ne faut pas. Après, l'attitude des gens change à votre égard, ils ont moins de respect et ça peut être gênant. D'une certaine façon, on a intérêt à montrer les dents régulièrement. Je le fais maintenant, bien que cela ne me soit pas naturel. Je me débrouille pour dire un truc qui casse, ce qui est dur car j'ai l'esprit de l'escalier, ou, mieux, je soupire ou prend l'air choqué et je m'en vais. J'adore être toute seule, mais les gens se disent "Oh, là, elle fait la gueule." C'est une méthode, mais il ne faut pas en abuser. On a l'air de fuir. Le mieux, c'est l'ironie. Comme j'ai l'esprit de l'escalier, je commence. Je dis des trucs ironiques tout le temps. N'importe quoi. Parfois c'est con. ("Oh la la, elle a mis sa belle robe! - hou! il a un nouveau téléphone le monsieur! il est content?) mais ça marche bien. L'ironie implique la distance, elle peut être blessante et les gens sont un peu prudents. D'un autre côté, je suis pas hyper ironique, donc ça va. Sinon, je pourrais devenir blessante pour de bon et ce n'est pas le but. je veux juste qu'on me foute la paix.
- Comme je suis distraite et que je ne vois rien, je perds tout, et je le retrouve généralement, mais pas toujours. C'est aussi pour ça que je dois être ironique. En général, les gens qui ne perdent rien et qui pensent à tout se moquent des distraits. Je m'en foutais, avant, que l'on se moque d'un défaut que j'ai et qui est réel ; mais comme je l'ai déjà dit, au bout d'un moment, à force de se moquer, ça peut déraper et les gens vous mangent la soupe sur la tête. Donc mieux vaut être un peu acide tout azimut, histoire d'éviter que les esprits forts locaux ne se la pète un peu trop.
- Je ne suis, normalement, pas conventionnelle, ni dans ma façon de m'habiller, ni quand je parle aux gens. Je m'en fous de parler à quelqu'un qui à l'air d'un zonard, je lui parle. mais ça aussi c'est impossible. Les vêtements, d'abord : je détestais tellement m'habiller quand j'étais jeune que je récupérais les vêtments de mes amis. J'étais super mal habillée, pas coiffée, les cheveux longs, dans la figure, pantalon qui fait des poches au genoux et aux fesses, jupes ringardes, etc. Résultat : je me suis plus d'une fois faire traiter comme de la merde. Dans le boulot que je faisais à Paris, l'une de mes copines essayait de me faire engager par une boîte et la responsable lui a dit :"Anta? pas possible, nous avons une obligation de représentation envers nos clients, et tu as vu comment elle s'habille? " Ma copine m'a ordonné d'aller m'acheter des vêtements corrects ; j'y suis allée, la mort dans l'âme, et j'ai eu plus de boulots dans la boîte en question, qui payait bien. Dans une autre société, quand j'arrivais au milieu de mes collègues, certaines filles me regardaient, puis regardaient leurs copines, et pouffaient. J'ai changé, voilà comment. D'abord, quand j'étais prof dans le Golfe, un jour, j'ai mis la tenue "bien" datant de mes années de travail à Paris, achetée sur les conseils de ma copine, je suis allée faire cours et de très nombreux élèves m'ont demandé ce qui se passait. Mais rien, leur disais-je. Mais alors, pourquoi vous êtes habillée comme ça? Moi : Comment? Les élèves : Vous êtes bien habillée, madame, aujourd'hui, et ça vous va bien vous devriez être toujours comme ça. j'ai noté ; plus tard, une amie philippine, fille d'ambassadeur, m'a traîné chez un tailleur pour me faire faire quelques robes du soir ; j'étais parvenue à la conclusion qu'il me fallait au moins trois robe pour sortir le soir, car j'avais été invité dans des circonstances où les bidouillages vestimentaires n'étaient pas possible. J'ai quitté le Golfe en me disant qu'il faut au moins quelques robes du soir ; en Espagne, toutes les filles de moins de trente ans sont généralement bien habillées ; après, ça dépend. Du coup, avec une nouvelle sensibilité au look, je me suis rendu compte que j'étais super mal habillée ; j'ai entrepris de renouveler ma garde robe ; j'ai jeté des vêtements si vieux qu'ils étaient élimés. Mais cela coûte cher ; j'ai mis du temps. Au final, je n'ai plus que des vêtements bien ou chic ; j'ai viré tous les vêtements pourris : en effet, si j'ai des vêtements pourris, je ne mets qu'eux. On juge sur l'apparence, ai-je compris. Et je n'aime pas, finalement, être prise pour une idiote parce que j'ai des fringues de merde. Le jour où je veux faire simple, je mets un jean et un T-shirt. C'est la même chose avec les gens. D'abord, toutes les personnes non conventionnelles que j'ai connu (je parle de celle-là uniquement) n'aspiraient qu'à avoir l'air conventionelles et mondaines ; elles m'ont donné squattée, pompée, vampirisée, et je l'ai àchaque fois compris trop tard ; elles ont en outre détourné de moi toutes les personnes conventionnelles (or, je ne recherche pas les gens non-conventionnels, les ratés, les zonards : je parle à tout le monde). Donc, maintenant, je me méfie des gens non-conventionnels.
Maintenant, je m'habille, j'envoie promener les gens, je me couche à dix heures du soir, je sélectionne mes fréquentations (actuellement, c'est plutôt le nettoyage par le vide - j'exagère, en fait j'ai cette impression parce que je ne recherche pas les gens ; mais j'en trouve). Je plane toujours et je fais des blagues idiotes. C'est tout ce qui me reste.
Mais où sont les neiges d'antan?
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vendredi, novembre 23, 2007
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22 novembre 2007
Grève des profs
Je sais que les grèves sont à l'actu en France, mais je n'ai rien à en dire, je balance des deux côtés et même au dessus et en dessous. Mais j'ai un truc à dire sur la grève des profs.
On dit que les profs font tout le temps grève. Qu'ils sont corporatistes. Dès que le gentil gouvernement tente une gentille réforme les profs sont contre. C'est normal : les profs râlent tout le temps, ils veulent rien changer au système, auquel ils s'accrochent pire que des bernicles sur un rocher.
Je vais pas parler de tous les profs, il y en a des cons, insupportables et tout, mais je vais parler de mon expérience.
Le système des écoles françaises est schizophrène, c'est mon avis. Je n'ai travaillé qu'à l'étranger et par hasard, mais voilà comment les choses se passent : il y a un décalage hallucinant entre le baratin à l'extérieur et la pratique à l'intérieur.
Discours de début d'année : la direction évoque tous les merveilleux changements : trois ordi de plus, une photocopieuse neuve, la mise en place de la réforme de l'enseignement des langues, bla bla bla. Bon, évidemment, nous, c'était une petite école, donc ça restait modeste.
Les parents sont heureux. Quel dynamisme!
La réalité : les ordi nateurs vont mettre un ou deux mois à être installés, parce que personne ne sait le faire. Ceux qui sauriant n'ont pas envie de se lancer dans un processus qui ne va leur valoir que des emmerdes : faire du bénévolat dans un domaine non directement lié à leur cours. (si il y a le moindre problèem, ça sera de leur faute ;et il y aura des problèmes ; c'est pour ça que les société modernes ont des informaticiens)
La photocopieuse neuve est nouvelle dans l'établissement, souhaitons lui la bienvenue, mais elle n'est pas neuve. Elle tombera sept fois en panne dans l'année scolaire ; de toute façon, dit le principal, trop de photocopies, c'est mauvais. Il faut que les élèves écrivent. (NB : je suis par ailleurs d'accord ; sauf que c'est en contradiction avec tout le système, dans lequel on doit travailler sur doc ; il y a des docs dans le livre ; oui ; trois ans de suite avec les mêmes docs, les mêmes commentaires, les mêmes corrections, moi je deviens folle ).
La réforme de l'enseignement des langues : quand on l'a lancé, on n'avait pas les manuels. Donc on bidouillait avec des photocop (et une photocopieuse en panne : pratique).
Imaginez au quotidien que vous soyez obligé de faire le contraire de ce que l'on vous dit de faire. Les instructions des programmes sont délirantes ; elles supposent que les élèves courent après le savoir comme de jeunes chiens après un os. Les élèves doivent être acteurs de leurs savoirs. Si vous dites à un officiel, comme moi, pauvre naïve, je le faisais au début : Mais, mes élèves s'en foutent de la Déclaration des Droits de l'Homme, moi ils ne pensent qu'à World of Warcraft, s'envoyer des SMS en cours et probablement pire encore, l'officiel vous regarde avec horreur et/ou commisération : QUOI? Vous ne savez pas intéresser vos élèves? Vous n'êtes pas sûre de vos pratiques? Mais c'est à vous de les intéresser. Evidemment, si vous n'en êtes pas capable....
c'est que vous êtes nulle. Au début j'essayais ; à la fin je faisais tout ce que j'avais envie de faire. Y compris des trucs complètement réac, ou loufoques : je me faisais plaisir. (contrat loc : pas d'inspection) Pour leur parler des temples égyptiens, deux ans de suite, j'ai fait fermer les yeux à toute la classe et je leur ai décrit un parcours imaginaire et mystérieux dans le temple. Deux ou trois élèves m'ont dit : "oh, madame, j'avais l'impression d'y être!" deux ou trois ;les autres je ne sais pas ; mais je m'en fous. J'étais contente, et eux aussi (des sixièmes, notez). Parfois je leur faisais lire des textes extraits de livres d'histoire anciens qu'ils ne comprenaient pas, là plupart du temps, parce que la baisse du niveau de compréhension de l'écrit est inimaginable, je veux dire que même lorsqu'on en est averti on a encore des surprises.
Je n'en veux pas aux élèves, même s'ils m'énervaient, ce sont des enfants. J'en veux au système.
Un système qui te dit, en gros, qu'il ne faut pas pénaliser les élèves en difficulté : fort bien, ne les pénalisons pas. Aidons-les, alors? On ne parle plus d'aide : on parle de remédiation. remédiation!!! ça me donne envie de vomir. On met en place des méthodes, des cours, des claases au petit bonheur la chance, parce que rien n'est précis, ce sont des mesures prises pour faire plaisir aux gens, aux parents, aux consommateurs. Madame, nous avons mis en place une structure de remédiation au sein de notre établissement. Pour ce que j'en ai vu (je ne dis pas que c'est partout pareil, il y a des profs dévoués, que je trouve merveilleux et sublimes et extraordinaires), il s'agit surtout de monter la structure, de la faire apparaître, de la rendre visible, pour pouvoir dire ensuite : "Ah!! mais nous on a fait ce qu'il faut, on a mis en place une structure de remédiation." C'est à dire qu'un prof qui veut faire ceci ou cela, à la limite il doit le faire discrétos, sinon il aura des emmerdes : pourquoi il prend des initiatives, ce prof, il y a une structure de remédiation!!!
Le bénévolat. Bien aussi. Il y a les profs qui "s'investissent" et ceux (les méchants) qui ne s'investissent pas.
ceux-là, on les aime pas, hein? Ils font prof que pour l'argent et les vacances. C'est vrai que les profs sont tous riches, surtout les instits.
Moi j'étais un prof qui s'investissait. Comme tous les contrats loc du collège, d'ailleurs. Seuls les résidents et expats ne s'investissaient pas.
Conclusion :il n'y a que ceux qui sentent le vent de la porte qui s'investissent. (remarque qui vaut pour toutes les catégories socio-professionnelle, d'ailleurs, sauf pour mon mari, absent six jours sur sept, de sept heures du matin à neuf heures du soir, mais bon c'est une autre histoire ; mon mari n'est pas prof, ahahaha, lui il travaille).
Etudions la question. Avant de m'investir, j'avais réfléchi : je m'étais dit : tu vas faire un truc, tu sais que tout le monde s'en foutra complètement et que même le directeur qui veut tout le temps que les profs s'investissent ne le verra pas. Tu le sais? Tu vas pas te démobiliser? Tu vas te mettre à penser que tout de même ils pourraient faire un peu gaffe, hein? Non parce qu'après tu vas être triste t'auras pas le moral.
Bon. Je l'ai fait. Ce que j'ai fait, je l'ai fait en pensant aux bénéfices ultérieures que ça pourrait me rapporter. Je me suis obligée ainsi à utiliser un logiciel et à retravailler une langue que j'ai perdu de vue. D'autre part, j'ai obtenu de mon chef un papier avec toutes mes activités au sein de l'établissement, même que quand il l'a fait il m'a dit "ah, mais finalement vous faisiez pas mal de choses". Comme ça, si je me retrouve dans un pays où je ne pourrais être que prof je pourrais me la jouer, et avoir un poste mieux, peut-être, on verra.
Parce que quand vous faites des trucs dans un établissement, personne ne le voit. Or, et dans le privé, dans les grosses boîtes isl le savent, le personnel a besoin d'encouragement, de positif. Moi, je n'ai jamais vu un prof qui fait des trucs en plus et à qui on dit que c'est super d'être venu tous les mercredi après-midi pour répéter la pièce de théâtre, fabriquer les décor, s'occuper du journal, etc. Peut-être certains principaux le font-ils, mais ils sont rares ; les principaux aussi traitent les profs comme s'ils ne voulaient jamais rien faire. On met dans le même sac tous les profs. Et ceux qui refusent de s'investir sont souvent ceux qui l'ont fait avant, qui se sont investiti, qui n'ont récolté que des emmerdes, et qui en ont marre.
Moi qui aime travailler quand j'ai un travail, (et je n'ai pas toujours été prof), qui trouve que le travail est bon pour tout (combien de fois suis-je partie travailler avec un début de rhume, angine, et suis-je revenue, je ne blague pas, guérie, tellement cela me donne la pêche de travailler, et en particulier prof, parce que c'est gai, vivant, drôle, sympa), eh bien je vous jure qu'avec un ou deux ans de plus je faisais grève, pourquoi? Pour faire chier. Ce système qui vous dit "travaille" et vous empêche de le faire, occupe-toi des des élèves, mais pas comme tu sais qu'il faut le faire, qui tue l'initiative, sauf si tu la prends tout seul dans ton coin en accord avec toi-même, je le déteste, et pourtant, dans l'absolu, j'aime l'enseignement, j'aime être dans la classe avec les enfants, c'est un moment extraordinaire.
Prof, c'est un boulot où on peutêtre détesté, méprisé ou avoir de gros problèmes sur tous les fronts : les élèves, les parents, la direction, les collègues.
Heureusement : je ne suis plus prof.
Avant, je travaillais dans le privé, en France, à Paris. J'avais l'impression d'être traitée comme de la merde. Prof, j'ai l'impression qu'on te parle avec respect en face, mais que le système te prend pour une merde quand même, par derrière. Comme, à l'époque, je gérais mes horaires (on va dire que j'étais à peu de choses près, en free-lance), je ne peux même pas dire qu'il y a l'avantage des horaires.
Donc, s'il y a bien une grève que je soutiens, c'est celle des profs. En meême temps, elle me fait de la peine : elle n'aide pas à la compréhension du système par les usagers. Plus les profs font grève, plus on les déteste (ils n'assument même pas leur fonction ultime : garder les gosses)
J'arrête, je vais répéter mille fois la même chose et me pourrir ma journée.
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jeudi, novembre 22, 2007
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21 novembre 2007
Le meilleur jambon du monde
L'année dernière, j'avais entendu dire à plusieurs reprises que tous les Français s'excitaient comme des idiots sur le Serrano, alors que les Espagnols savaient que le meilleur jamon n'était pas le Serrano mais le Jamon Iberico.
Bon. De toute façon, le porc, là où j'étais auparavant, on était déjà content d'en avoir, alors les finasseries sur le Serrano ou le Iberico, ça me paraissait vraiment abstrait.
Et ce week-end j'ai goûté du jamon Iberico.
Eh bien c'est vrai. c'est meilleur que le Serrano.
Comment expliquer. Le Serrano, c'est comme du Parme ou du jambon de pays, sauf que c'est meilleur à mon avis (et pourtant j'aime le jambon de pays; quant au Parme, je dois dire qu'il est probablement meilleur en Italie ; après, il y a l'autre jambon italien dont le nom m'échappe, Aoste peut-être et en fait je connais mal. Mais malgré toutes ces réserves, je demeure persuadée que le Serrano est meilleur ; sauf si vous allez chez le producteur le déguster le dimanche matin, en montagne, après le messe, au milieu d'un paysage d'une beauté ensorcelante, avec le petit vin du coin ; mais dans un tel contexte, tout est bon ; moi je parle de jambon acheté prosaïquement sur un marché, ou dans un supermarché ; dans les conditions de la vie courante ; eh bien dans ce contexte, moi je dis que le Serrano gagne).
Le Serrano est donc un jambon sec ; j'espère qu'aucun puriste du jambon ne me lit.
Le jamon Iberico est complètement différent. Il est gras, et le goût diffère. Il n'y a pas que le goût qui diffère, d'ailleurs, il y a aussi le prix.
Il faut que j'en rachète pour comparer encore. Mais il n'y a pas photo.
Voilà. Je suis contente d'avoir fait le point là-dessus. Mais que l'on se rassure : je ne bouderai pas le Serrano.
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mercredi, novembre 21, 2007
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16 novembre 2007
Thucydide : histoire de la guerre du Péloponnèse
Eh bien, la fin de l'histoire sera brève. Les protagonistes étaient les Athéniens (impérialistes) et les Méliens (petit état indépendant). Les Méliens ayant refusé de s'allier avec les Athéniens et de se battre avec eux, contre Sparte et les autres cités anti-athéniennes, les Athéniens attaquent les Méliens, les battent, massacrent les hommes adultes et vendent les femmes et les enfants comme esclaves (la méthode ancienne pour rentabiliser les guerres).
Quand j'étais enfant, j'avais une vision ascendante de l'histoire : au fur et à mesure, me disais-je, les choses allaient de mieux en mieux. Quand j'ai rencontré ce type dans le train, Eduardo Galeano ou pas, il m'a demandé quel pays je préférais. Comme une petite courge de treize ans, je lui ai sorti tout de go que je ne connaissais aucun pays à part la France, mais que je savais que c'était le plus beau pays du monde. D'ailleurs, ai-je précisé en réponse à son silence souriant, tout le monde le dit alors ça doit être vrai. (ça c'est de l'argument!) je maudis rétrospectivement ma bêtise, mais en tout cas j'étais sincère. Je croyais que la vie humaine allait de mieux en mieux, et que la France y avait une part importante. Les "méchants" étaient rares, pensai-je, et d'ailleurs il y en avait de moins en moins.
Quand j'ai quitté la France, je pouvais encore croire à peu près cela. Avec des nuances. Il est évident que maintenant, tout ce bel édifice s'est écroulé. Je me suis sentie très bête, très petite bourgeoise, française, et surtout très triste. Les règles régissant le monde, si elles n'étaient pas ascendantes, alors, comment les expliquer? Eh bien, ce sont les classiques qui me l'ont dit : pas les gauchistes énervés, ni les cyniques de droite. Le monde est horizontal et répétitif. C'est dans la Bible aussi, au début du livre de la sagesse. Le soleil se lève, le soleil se couche, et la terre tient toujours. Les hommes sont des êtres de pouvoir, et le sage doit s'en tenir écarté (relire Sénèque). On peut aussi plonger dedans, mais le monde est fou, de plus en plus, et les tempêtes de plus en plus violentes. On ne sait plus où sont les gentils et les méchants, ils sont partout, même parmi les victimes.
Donc, relire les classiques aide à comprendre le monde. Avec une rigueur intellectuelle reposante et tranquille, ils ont observé ce qui les entourait et compris la vie humaine, non pas seulement celle de leur époque mais celle de toutes les époques.
Ce texte, à moi, ex-naïve de gauche, petite bourgeoise pétrie de bons sentiments, en révolte polie contre son milieu de droite française traditionnelle (il faut entendre ma tante, de 76 ans, dire d'un air sérieux : tout de même, Sarkozy, depuis qu'il est là, il a fait plein de choses! - je n'ai même pas eu le courage de lui demander quoi, nous étions dans une ambiance tellement proustienne, et je ne sais pas si vous avez remarqué mais il n'y a pas de place pour la contestation politique chez Proust, au milieu des fleurs, des madeleines, des robes du soir, des escaliers en volutes que l'on descend lentement, le son des revendications meurt tout seul), ce texte disais-je me fournit une clef d'explication simple; les hommes cherchent le pouvoir; toutes les formes d'organisation politique organisent l'accès au pouvoir. En politique extérieure, les choses sont encore plus simples : l'une de mes amies, comme moi, quoique moins bourgeoise à la base, mais créature d'illusion comme moi, me l'a bien résumé il y a sept ou huit ans : dans la vie, soit tu bouffes, soit tu te fais bouffer. Il nous a fallu tant d'années pour en arriver à cette conclusion ; je me fais pitié. Quoiqu'il en soit, dans le texte au dessus, c'est mieux dit.
J'aime ce texte parce qu'il me rassure. Face à la folie du monde, il me propose une analyse rigoureuse et abstraite. Pour lutter contre le désordre extérieur, qui tend à envahir notre espace intérieur, en provoquant le désespoir et un sentiment d'impuissance et d'injustice, il permet d'établir un calme intérieur, une rigueur, et même une courtoisie, refuge et réponse à ce que nous voyons autour de nous.
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vendredi, novembre 16, 2007
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Nous ne craignons pas non plus que la bienveillance divine nous fasse défaut.
Suite de l'histoire.
Avant de raconter, une précision. Je suggère à mes lecteurs de lire à haute voix le texte, pas le mien, mais celui que je cite ; ce n'est pas la langue originale, mais le texte me paraît tout de même magnifique ; style ou idées ; pour moi, c'est comme du pain frais, du vin, quelque chose de léger et de délectable. Je suis désespérée de vivre dans un monde qui n'apprécie plus cela. Quand j'étais étudiante, mon prof voulait que je passe l'agrèg ; il y avait deux sortes d'êtres humains sur terre à ses yeux : les agrégés; et le reste. J'ai refusé ; beaucoup trop paresseuse, et puis je travaillais dans le marketing en même temps, et si j'aimais mes études, je détestais l'ambiance de bibliothèque poussiéreuse de la fac ; en plus mon prof était d'extrême droite : à l'occasion, il défilait en tenue de pénitent genre Ku Klux Klan ; Clovis le jetait dans les bras de Le Pen, par un procédé qui m'échappait. Entre le monde du Jeu des Perles de Verre et celui des supermarchés, j'ai choisi celui des supermarchés, parce que l'autre me semble lugubre. Je ne peux pas dire que je le regrette, mais je me suis tout de même éloignée de ce monde de culture qu'était la fac.
Je le redécouvre maintenant, surtout que j'ai du temps. Pourquoi est-il impossible de concilier les deux? Pourquoi le passé sombre-t-il dans un naufrage inexorable? Pourquoi perdons-nous la mémoire?
Bon, bref.
Les Impérialistes venaient juste de dire que le petit état indépendant ne pouvait rester neutre, car accepter leur neutralité aurait eu l'air d'un aveu de faiblesse.
Petit état indépendant, surpris, voire, le malheureux, choqué : Est-ce là la conception que vos sujets se font de l'équité ? Les cités qui n'ont avec vous aucune attache et celles que vous avez soumises, les mettent-ils donc sur le même plan ?
Impérialistes, techniques : Ce ne sont pas les arguments plausibles, pensent-ils, qui manquent aux uns et aux autres ; mais si quelques cités conservent leur indépendance, ils pensent qu'elles le doivent à leur puissance et que c'est la crainte qui nous empêche de les attaquer. Ainsi en vous réduisant à l'obéissance, non seulement nous commanderons à un plus grand nombre de sujets, mais encore par votre soumission vous accroîtrez notre sûreté, d'autant mieux qu 'on ne pourra pas dire qu'insulaires et moins puissants que d'autres, vous avez résisté victorieusement aux maîtres de la mer.
Le petit état indépendant commence à trouver saumâtre le débat. Je saute quelques répliques plus locales. Voici comment ils résument la situation : Voyons, si vous-mêmes n'épargnez rien pour maintenir votre empire et si des peuples déjà esclaves font tout pour secouer votre joug, nous qui sommes libres encore, nous commettrions la lâcheté et l'ignominie de ne pas tout tenter pour éviter la servitude ?
Et là, les Impérialistes se font cyniques : le petit état n'a aucune chance. Donc : Non, si vous délibérez sagement. Car il n'est pas question pour vous d'une lutte d'égal à égal où votre réputation soit en jeu et où il vous faille éviter la honte d'une défaite. C'est sur votre salut même que vous délibérez et vous avez à vous garder d'attaquer des adversaires bien plus puissants que vous.
Ce cynisme doit écoeurer leurs interlocuteurs :
Eh bien ! nous savons que la fortune des armes comporte plus de vicissitudes qu'on ne s'y attendrait en constatant la disproportion des forces des deux adversaires. Pour nous, céder tout de suite, c'est perdre tout espoir ; agir, c'est nous ménager encore quelque espérance de salut.
Les Impérialistes s'en moquent, et ils savent très bien qui est le plus fort : L'espérance stimule dans le danger ; on peut, quand on a la supériorité, se confier à elle ; elle est alors susceptible de nuire, mais sans causer notre perte. Mais ceux qui confient à un coup de dés tout leur avoir - car l'espérance est naturellement prodigue - n'en reconnaissent la vanité que par les revers qu'elle leur suscite et, quand on l'a découverte, elle ne laisse plus aucun moyen de se garantir contre ses traîtrises. Vous êtes faibles, vous n'avez qu'une chance à courir ; ne tombez pas dans cette erreur ; ne faites pas comme tant d'autres qui, tout en pouvant encore se sauver par des moyens humains, se sentent sous le poids du malheur trahis par des espérances fondées sur des réalités visibles et recherchent des secours invisibles, prédictions, oracles et toutes autres pratiques, qui en entretenant leurs espérances causent finalement leur perte.
Ah! voilà pour Moukmouk. Les dieux arrivent, mais discrètement. Les dieux anciens ne se voilaient pas de théories. Les dieux n'arrivent pas tout seuls, le petit état fait aussi confiance à ses alliances politiques. Si leur cause est juste, les dieux et leurs alliés les soutiendront. Comme la naïveté est ancienne! : Nous n'ignorons pas, sachez-le bien, qu'il nous est difficile de lutter contre votre puissance et contre la fortune ; il nous faudrait des forces égales aux vôtres. Toutefois nous avons confiance que la divinité ne nous laissera pas écraser par la fortune, parce que, forts de la justice de notre cause, nous résistons à l'injustice. Quant à l'infériorité de nos forces, elle sera compensée par l'alliance de [l'autre état puissant, mais pas impérialiste, ennemi des Impérialistes] que le sentiment de notre commune origine contraindra, au moins par honneur à défaut d'autre raison, à venir à notre secours. Notre hardiesse n'est donc pas si mal fondée.
Les Impérialistes se marrent : comme l'a remarqué Moukmouk, on sait de quel côté se mettent les dieux. Et là, ça devient excellent. Je surligne le meilleur selon moi : Nous ne craignons pas non plus que la bienveillance divine nous fasse défaut. Nous ne souhaitons ni n'accomplissons rien qui ne s'accorde avec l'idée que les hommes se font de la divinité, rien qui ne cadre avec les prétentions humaines. Les dieux, d'après notre opinion, et les hommes, d'après notre connaissance des réalités, tendent, selon une nécessité de leur nature, à la domination partout où leurs forces prévalent. Ce n'est pas nous qui avons établi cette loi et nous ne sommes pas non plus les premiers à l'appliquer. Elle était en pratique avant nous ; elle subsistera à jamais après nous. Nous en profitons, bien convaincus que vous, comme les autres, si vous aviez notre puissance, vous ne vous comporteriez pas autrement. Du côté de la divinité, selon toute probabilité, nous ne craignons pas d'être mis en état d'infériorité. Quant à votre opinion sur [vos alliés], dont vous escomptez qu'elle vous secourra pour ne pas trahir l'honneur, nous vous félicitons de votre naïveté, sans approuver votre folie. Vos alliés, il est vrai, entre eux et dans leurs institutions nationales, font preuve généralement de droiture ; mais dans leurs rapports avec les autres peuples, que n'y aurait-il pas à dire sur leurs procédés ! Pour tout dire en un mot : plus manifestement qu'aucun peuple de notre connaissance, ils appellent l'agréable l'honnête, et l'utile le juste ; une telle disposition d'esprit ne s'accorde guère avec vos folles prétentions sur votre salut.
Voilà. Attendre encore un peu pour la fin.
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vendredi, novembre 16, 2007
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15 novembre 2007
Je les nettoie tous ou seulement ceux qui ont un mauvais gouvernement?
J'ai pris ça sur le site de Mafalda, j'espère que j'ai le droit. Petite pause en attendant la suite de l'histoire.
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jeudi, novembre 15, 2007
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