07 décembre 2007

World Company II - part A

Introduction :
1. petite phrase générale pour présenter le sujet. Penchons nous quelque peu sur le cas de l'Ours.
2. Trouver la problématique. En quoi l'Ours est-il représentatif de la société pourrie dans laquelle nous vivons.
3. Annonce du plan : d'abord on va causer de l'Ours, après de son boulot et après on analysera les deux ensemble. (3 parties, c'est bon, on est sauvé)

Première partie :
Présentation générale de l'Ours.
A. Origines socio-familiales.
L'Ours vient d'une région ouvrière, dans laquelle on a le choix entre être ouvrier ou être patron, à la base. D'un côté de sa famille, on est ouvrier (la Grande Tradition Ouvrière, pas communiste, quelle horreur). De l'autre, petit commerçant. Dans cette région, on a le Culte Du Travail. On n'est pas malade. On n'est pas handicapé. On n'est pas feignant. On bosse. On a le sens des priorités. Patron donner travail, donc patron : bon. Respecter patron. Courber son dos, fermer sa gueule, et bosser.
Quand les usines et les mines ferment, c'est le bordel, mais on ne se plaint pas : c'est la vie. C'est la société qui change. C'est pas la faute du patron. De toute façon, si on bosse on s'en sort toujours. Il y en a qui se plaigne : bon, c'est vrai que pour certains c'est dur, mais dans l'ensemble, si l'on n'est pas feignant, on trouve toujours du travail.
B. Formation
Détail anecdotique, la région de l'Ours est celle où l'on fait le moins d'études supérieures généralistes de France ; et donc, le plus de formation pas généralistes, supérieurs, ou pas, des formations, hein, pas des études de feignants avec des papiers assis à un bureau qu'i dit qu'i travaille mais que tout le monde sait qu'i fout rien parce que faut pas nous prendre pour des branques, du travail, dont, avec efforts, sueurs, et heures.
Donc, l'Ours, a 14 ans, entre en lycée professionnel (NDA : au même âge, dans la banlieue ouest, au milieu des arbres et des petits zoizeaux et des lacs, nous ne parlions qu'en chuchotant de ceux qui s'étaient fait ORIENTER ; je croyais que ceux que l'on ORIENTAIT était juste au dessus des débiles légers ; je ne blague pas ; mais j'étais très cruche et ma banlieue n'était pas hyper portée sur la mixité sociale). Mais l'Ours, lui, veut travailler. Il veut. On lui propose le BEP, parce qu'il est bon élève, mais il veut pas, les études 'est pas son truc, il fait un CAP. Il a son CAP et ses profs lui disent tous qu'il DOIT faire le BEP alors comme il est poli bien élevé et qu'un prof c'est un peu comme un patron (en plus feignant, hein, tout le monde sait que les profs foutent rien), il obéit. Il fait le BEP.
Et là ses profs lui disent qu'il doit passer le bas pro. Il passe le bac pro, il en a marre il veut bosser, merde ! Et après le bac pro les profs lui disent de faire le BTS, ce serait con, au point où il en est. Pfff. les profs, putain, c'est pénible. Mais bon il fait le BTS. Et là ils lui disent que dans le lycée il n'y a plus rien mais il y a dans un ville de France un master et dans un ville de l'étranger une école qui - mais non, merde, là l'Ours en a marre, il veut bosser, isonkon ces profs.
Je vous rassure : l'Ours a déjà bossé, hein. Ils ont pas pu l'en empêcher complètement (ils essayé pourtant). Il a fait des stages de trois mois pendant les grandes vacances (qui durent deux mois et demi) et il bossait tous les samedi, et parfois aussi le dimanche. Et aussi pendant les petits vacances toutes pourrites qu'on met pendant l'année, tout ça.
Donc l'Ours commence à travailler ; et là c'est le bonheur. Il commence à sept heures du matin, il finit à minuit, il est payé le Smic : la vie, la vraie, enfin ! Son chef du premier boulot le repère, et quand il est muté, il le fait venir avec lui dans un deuxième boulot, où il se fait une super bande de potes qui bossent tous avec lui de sept heures du matin à minuit. Ils s'éclatent comme des fous. Naturellement, il ne prend pas de vacances, eh, oh, ça va pas, non? Et l'école, c'était quoi, hein? Des vacances : donc il a eu six ans de vacances, il va pas remettre ça, non?
C La suite.
A ce stade, l'Ours rencontre une jeune fille, qui a un parcours complètement différent mais il ne s'en rend pas compte tout de suite. Elle parle tout le temps, vit avec un pull énorme et un pantalon en toile de bache qui lui donne un peu l'air d'un sac de pomme de terre animé, habite Paris mais n'hésite pas à sortir de temps en temps, avec un guide et des porteurs, pour visiter la Province, fait des études de trucs bizarre genre pour être prof mais elle veut pas devenir prof, travaille en même temps dans un truc super bizarre. L'Ours n'a jamais vu de fille comme ça avant ; il n'avait même pas le concept, il pensait pas que des gens comme ça existait (la fille non plus, avant de rencontrer l'Ours, elle savait pas que des Ours existaient). Du coup, l'Ours tombe amoureux, la fille aussi. Avec le Travail de l'Ours et le fait que la fille a l'impression de partir en expédition chez les Zoulous dès qu'elle n'est plus dans le métro, c'est pas facile mais bon. Chacun des deux trouve l'autre tellement exotique que tout le monde fait des efforts.
D. la resuite.
Et là, il arrive un truc de ouf à 'l'Ours : un pote à lui lui fait obtenir un superstage dans un superboîte américaine dans une super grande ville. Or, l'Ours a toujours rêvé de partir à l'étranger. L'Ours en parle à la fille qui dit ouais super chouette tous ses copains à elle partent dans des villes faire des stages à l'étranger (mais pas elle ; elle quitte pas le métro, la fille, elle a trop peur). L'Ours en parlent à ses parents qui paniquent : les Zétazuni!!! La mafia ! Le bronx ! Epi c'est loin, epi personne a jamais fait ça dans la famille sauf sa soeur qui habite à 50 km de chez ses parents, déjà c'est une AVENTURIERE. Mon fils, ces choses là (les ZeTAZUNI) ne sont pas pour nous. Reste à ta place. On te propose une bonne place à un peu plus que le smic, tes chefs t'estiment, dans 20 ans tu ganeras deux smic, peut-être même trois, tu auras une maison deux voitures achetées à crédit avec peut-être un chien un femme courageuse trois zenfants le ouikend tu iras manger chez papa, ou sta soeur, ou l'autre soeur, mon fils, pourquoi tu vas partir?
Et l'Ours part. Il désobéit ! Il casse le moule familial ! Il part à l'aventure il parle même pas anglais ! Et la parisienne qui quitte pas son métro elle lui dit pas non, et elle part pas avec lui (y a un métro là-bas mais c'est pas le même). (Elle finit ses zétudes pour être prof mais elle veut toujours pas être prof).

To be continued.

7 commentaires:

Valérie de Haute Savoie a dit…

la suite la suite... ah j'adore c'est très très bien :)

Anonyme a dit…

Oh oui, la suiiiiiite !

(en direct de ma tête, niveau reptilien : cet Ours est très bien, la fille a l'air complètement cruche, je sens qu'elle va passer son temps à pleurnicher parce que l'Ours travaille tout le temps, mais elle n'avait qu'à rester dans sa banlieue et épouser un fainéant qui a fait HEC)

(en direct de ma tête, option "la civilisation est passée par là" : et dire que c'est ce que ne ne suis pas si loin de penser)

(en direct de ma tête, rez-de-chaussée : ce que j'aime dans les blogs, c'est que ça me permet de rencontrer une femme comme anta, jamais je n'aurais eu cette occasion sinon)

posté par samantdi mais la fonction commentaire est un peu space chez blogger en ce moment

Maquettes a dit…

C'est vrai c'est extra!
Bon ,comme je vais revenir souvent,je vais laisser mes chaussons et mon vieux plaid ici dans un coin si ça te dérange pas...:o)

antagonisme a dit…

Je crois que vous avez aimé le côté autobio mais je vais pas continuer dans cette voie, pas tout de suite. Je m'essaie à l'analyse socio-économique, mais version moi (j'ai essayé version les autres mais je suis moyenne et ça m'ennuie donc j'arrête).

M1 a dit…

Ant', pourquoi t'insultes Poutine?! l'Ours par-ci, l'Ours par-là... :)
Sinon j'aime bien le titre (e plus du post), j'avais posté un truc intitulé French World Company il y a quelques temps, ça m'a valu une citation chez Newsblogs (je dis ça histoire de me la péter!) :)

Tietie007 a dit…

Bon week-end.
http://tietie007.over-blog.com

Fauvette a dit…

Hum ça promet, et dire que je vais lire les deux à la suite ! Je suis une privilégiée moi.
Merci.