29 août 2007

Le pays dans lequel je ne suis pas morte - 11

Dès ma sortie, je réalise que ce n’est pas simple : je n’ai plus de muscle, surtout dans les jambes. J’ai du mal à m’asseoir dans la voiture, à en sortir, j’utilise mes bras pour m’accrocher et me faire avancer. Je monte les escaliers à la force des bras. Pour donner le biberon, je m’assieds, je me cale dans le canapé, et on me donne le bébé. Je ne peux pas me relever seule, il me faut un assistant qui me le prenne des bras.

Je passe l’essentiel de ma journée au lit, mais mon fils aîné peut venir me voir et faire des câlins. Le bébé est à mes côtés. Je suis aidée : ma mère, remarquable d’inefficacité, mais c’est toujours mieux que rien, puis ma belle-mère, très efficace.

A part de gros problèmes d’insomnie qui ont persisté six mois, je m’en suis remise, et bien. J’ai retrouvé mes muscles, ma (faible, de toute façon) capacité respiratoire.

Voilà comment je ne suis pas morte en Espagne.

PS : ici, le premier pédiatre qui a vu mon titounet, alors âgé de quinze mois, m’a dit en lisant le carnet de santé : « Tiens ! Voilà un bébé qui a eu du mal à respirer en naissant ! ».

Mais quinze mois après, cela ne m’a pas fait le même effet.

7 commentaires:

Valérie de Haute Savoie a dit…

"...ma mère, remarquable d’inefficacité, mais c’est toujours mieux que rien, puis ma belle-mère, très efficace..."

Je trouve au contraire que c'est plus encombrant qu'autre chose une mère remarquable d'inefficacité... la mienne par exemple s'est surpassée à une époque :D

Et maintenant ton fils respire bien ? Vraiment, cela a dû être terrible ce démarrage entre toi et ton bébé. J'espère que vous avez pu rattraper le temps perdu si tant est que l'on puisse le rattraper un jour.

Mali a dit…

Bouh,
ça fait froid dans le dos tellement cette descrition est précise.
En même temps ça donne tellement d'espoir ...

Pablo a dit…

Ah, non, Valérie, une "mère remarquable d'innefficacité" te permet au moins de t'exaspérer, ce qui te donne envie de t'en sortir au plus vite !!

Anta, merci.

antagonisme a dit…

Ma mere gérait le bébé, ce qui était toujouts mieux que rien. Mais elle était en effet encombrante.
Le clavier espagnol, c est dur. Dans ce ciber café, les accents ne correspondent pas au clavier, ils sont sur les touches d à coté et je ne trouve pas l apostrophe.

Anonyme a dit…

l'apostrophe est juste au dessus du P je crois si je me souviens bien.Je suis en France je perdds mes reperes espgnols.
Quelle chance tu as d'être la bas.A peine arrivée a Paris, pour changer de gare, je n'avais qu'une idée : repartir au plus vite. Parler français me parait fade.

libertad

Florence a dit…

Je découvre ton blog... découvert sur un forum de françaises en Espagne, à la suite d'une discussion autour du suivi de grossesse. Bref...
Je suis extrémement touchée par ce que tu décris... par le fait de commencer à reculons, puis de prendre les médecins tels qu'ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts... on est bien difficiles (moi incluse, évidemment !) quand il s'agit de confort, alors que pour survivre, on s'accroche simplement à chaque branche, comme elle se présente, et on s'y aggrippe !
Bravo pour ton courage devant "tout ça" (je ne sais même pas quoi dire !). Bravo d'avoir surmonté ça et d'être aujourd'hui capable de le raconter, de nous faire relativiser.
... Et à bientôt sur un article futur !

Fauvette a dit…

J'aime bien ta conclusion "Voila comment je ne suis pas morte en Espagne"... Tu as de l'humour ! Et heureusement !