25 juillet 2007

Le pays dans lequel je ne suis pas morte - 4

Le médecin du centro a refusé avec la dernière énergie de me prescrire de la cortisone (pas de cortisone pour les femmes enceintes). J’ai essayé de lui dire que je ne me sentais vraiment pas bien mais non : femme enceinte, pas de cortisone.

Le soir, j’appelle le père d’un élève (je donnais des cours de français), pharmacien de son état et je lui dis que je ne suis pas bien. Il vient chez moi et m’emmène chez un copain médecin qui me fait une piqure de cortisone. Ça va un peu mieux pendant trois jours et puis un jour où j’avais été particulièrement épuisée, tout d’un coup je me sens vraiment mal, comme un vertige, quelque chose de bizarre et de très soudain, et je n’ai que le temps de prendre un seau pour vomir. C’était curieux : rien en moi ne me signalait une gastro, mais ce vomissement m’a fait comprendre que mon corps disait : stop ! Mais stop à quoi ?

Une inquiétude inexplicable m’a envahie et j’ai appelé mon mari pour lui dire que quelque chose n’allait pas et qu’il allait devoir m’emmener à l’hôpital. Il a poussé l’habituel grognement de rage de monomaniaque du travail dérangé dans son vice (il n’avait travaillé que 10 heures ce jour-là, sa journée était loin d’être finie) mais il a surgi, aimable comme une porte de prison, quarante minutes après.

Or, dans l’intervalle, quelque chose de très facile à interpréter m’était arrivé : la fièvre avait commencé à monter, avec une violence incroyable : mes mains et tout mon corps tressautaient, je n’arrivais plus à saisir les objets et j’étais gelée. Je me suis dit que j’avais une bronchite asthmatiforme carabinée. Quand mon mari est entré furieux d'être dérangé au milieu de sa demi-journée de travail, il m’a vue et a changé de figure.

Je rappelle les symptômes au cas où il y aurait un médecin dans la salle : énorme gêne respiratoire ET fièvre violente.

2 commentaires:

Pablo a dit…

Et alors c'était bien une bronchite asthmatiforme ?(je ne connaissais pas cette maladie juqu'à présent). Mais ça n'avait rien à voir avec la cortisone, non ? ou bien celle-ci a masqué la bronchite pendant ces trois jours ? Je ne te demande pas si tu t'en es sortie (heureusement qu'on connaît plus ou moins la fin !), mais ton récit est vraiment angoissant, j'attends la suite avec l'impatience habituelle ! - je dormirai avec le ventolin sous mon oreiller - .

Pablo a dit…

(Et dis donc, tu n'aurais pas un peu la trouille d'y retourner, des fois, avec tout ce qu'il t'est arrivé ici ?)