Les jours passent, et les heures, et les rues défilent.
La vie est un voyage solitaire et triste.
Tous les rêves, tous les peut-être, tous les plus tard.
Tous les si, tous les on aurait pu, tu les on fera.
Le temps les balaie.
Des rues vides, calmes, sans voitures, de cette ville ancienne.
Marcher longtemps, en regardant à travers les fenêtres.
Les maisons des autres, les noël des autres, les familles des autres.
Moi aussi un jour.
Moi aussi les grands parents, moi aussi les sapins, moi aussi les amis et les fous rires.
Mais... : non.
Bise glacée, nuit blanche et glaciale.
Dans la chambre vide, les autres toujours les autres : dehors.
Ils rient toujours dehors.
Ils s'amusent toujours.
Ils sortent ensemble. Ils se parlent.
La chambre reste vide.
Je somnole dans le lit devenu froid.
Pourquoi sortir? Que dire? Comment jouer ce jeu dérisoire?
Impossible.
Les voix, dehors.
Ils rient, ils s'amusent, ils se parlent.
Je ne sors jamais. Je ne suis jamais sortie.
12 décembre 2006
Divaguer
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mardi, décembre 12, 2006
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11 décembre 2006
Salut
Deuxième semaine des conseils de classe, et réunion parents-profs. Les journées durent 12 heurs, je suis coinçée niveau temps.
J'ai eu une extinction de voix, en plus.
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lundi, décembre 11, 2006
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26 novembre 2006
Victoire
J'ai enfin ajouté quelques liens. Pas tous. C'est un début.
Je dois finir de préparer mes traductions juxta pour mon groupe de volontaires pour le latin.
Je dois préparer un contrôle.
Corriger deux paquets de copies.
Mais ça va je suis contente. Il fait beau.
Ma matinée a été constructive.
Je progresse en arabe.
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dimanche, novembre 26, 2006
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C'est pas ma faute
C'est pas ma faute si j'écris pas, je suis débordée en ce moment.
Qu'est-ce que je fais?
Tiens, d'ailleurs, je vais le dire ce que je fais, à cause de Ségolène Royal : je suis prof. En plus, moi qui me prenait pour une feignante, à cause de son idée des 35 heures, j'ai compté mes heures de travail au collège l'autre jour et j'en suis restée comme deux ronds de flan :
- lundi, j'arrive à 8 heures, j'ai cours à dix heures : 2 heures de paperasses, impression de devoirs, photocop de doc etc. De 13 heures à 14 heures et de 16 à 17 aussi. Donc 4 heures de paperasses, plus quatre heures de cours effectives (et celui qui dit qu'un cours c'est cool, qu'il aille tenir 25 gamins de 13 ans en les baratinant sur la Monarchie Absolue! - bon, moi, c'est pas cool mais c'est très sympa : Ecole française à l'étranger, les petits français glandent, mais les étrangers bossent, l'ambiance est studieuse et respectueuse de l'enseignant. ) Total lundi : 8 heures.
- Mardi : 5 heures de cours, paperasses- photocop-corrections de 10 à 11, de13 à 14 et de 16 à 17. Total mardi : 8 heures.
- Mercredi : 4 heures de cours, plus 1 heure de prépa à la maison : total : 5 heures
- jeudi : 3heures de cours, 2 heures de paperasses : 5 heures.
- Vendredi : 6 heures de cours, 2 heures de paperasses : total : 8heures
- total semaine : 8 +8 + 8 + 5+ 5 = 34 heures au collège.
- Il faut y ajouter ce que je fais chez moi, difficile à évaluer car irrégulier, mais il est évident que c'est au moins une heure par jour. Parfois c'est une demi-heure les jours de semaine, et puis un matin je bricole un devoir avec des documents sur internet et ça me prend une heure parce que d'abord je cherche, après je trouve, parès je fais mon devoir avec 5 docs et 25 questions, là je me demande comment je vais noter le truc, j'enlève 3 docs, je vire 15 questions, j'imprime, l'imprimante se bloque, je bidouille furieusement l'imprimante, l'Ours se lève en hurlant qu'on va être en retard, le Grand vient me demander si c'est le contrôle pour sa classe pour aujourd'hui, j'imprime, la carte est noire, je bricole la carte avec paint, je réimprime... C'est ça que j'appelle "paperasse")
- Plus mes heures bénévoles : latin et journal, 2 heures par semaine.
- Total : 36 heures, plus de six à dix heures de plus à la maison, heures invisibles parce qu'on les mélange à d'autres choses (zapping sur internet par exemple). Parfois elles sont visibles (les conseils de classes, 9 heures de réunion dont je sors abrutie et avec un mal de tête absolu - 3 fois, par an, c'est pas mal en vertu d'un principe : ça fait du bien quand ça s'arrête.)
- Conclusion :Ségolène Royal est une imbécile. Les profs travaillent déjà 30 à 40 heures par semaine, selon leur rapidité, leur caractère, etc. En plus, dans les entreprises où les gens sont cloués au bureau, les employés ne sont pas forcément opérationnels 35 heures. Or, nous, on est au moins à 100% de nos capacités 18 heures (impossible de faire cours sans se concentrer - faire cours et revasser, c'est impossible). Et, en plus, il y a tout le reste, où, comme des employés de bureau, on est parfois un peu rêveurs ou inefficace (on discute avec une collègue en faisant des photocop ce qui fait perdre un peu de temps). Mais si on est innefficace, c'est notre temps que nous perdons (si on met 2 heures à préparer un contrôle au lieu de 30 minutes parce qu'on bavarde, nous en subissons le contrecoup : on bosse plus longtemps, parce qu'on ne peut pas reporter le contrôle).
- En plus le rôle des enseignants, qui se dégradent, c'est clair, on sera dans dix ans des gardiens d'enfants, pas des enseignants, mais en théorie notre rôle est d'éveiller, d'avertir, de faire comprendre. On a besoin d'un peu de gaieté et de liberté pour faire ça. On ne peut pas être surveillé comme des employés, nos heures comptées, et apprendre aux enfants, avec spontanéité, avec "vie", "joyeusement".
Je le vois très bien, en raison de mes problèmes respiratoires. dès que ma capacité pulmonaire baisse, que ma respiration devient plus courte, je rentre le soir épuisée, il faut que je me couche immédiatement ou presque. En cours je suis tout de suite essouflée, car je ne peux pas ne pas parler, ne pas bouger, ne pas jouer.
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dimanche, novembre 26, 2006
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06 novembre 2006
Si tu mets au monde ce qui es en toi...
Lu dans True North: Si tu mets au monde ce qui est en toi, ce que tu mets au monde te sauvera. Si tu ne mets pas au monde ce qui est en toi, ce que tu ne mets pas au monde te détruira.
Cela vient des évangiles synoptiques, mais je ne suis pas sure que cela soit exact.
En tout cas je suis en train de naître, moi. Peut-on naître si tard?
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lundi, novembre 06, 2006
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05 novembre 2006
Langue arabe
Débutante laborieuse en arabe, j'ai quelque chose à en dire. J'avais lu que c'était une très belle langue, et même que c'était la langue de Dieu. Je trouvais cela bizarre.
Je précise que j'ai étudié plusieurs langues, même si je les ai aussi oublié (mon cerveau s'effondre). Le grec, ma langue préférée à 15 ans, bizarre, fleurie, pleine de poésie et de mouvement (tiens je devrais m'y remettre, ça m'aiderait à trouver des mots). Le latin, hiératique, sévère, mais aussi souple, incisif, intelligent (évidemment, les textes lus donnent une idée de la langue - Cicéron et Tacite, c'est autre chose qu'Amélie Nothomb). L'anglais, galvaudé et donc méconnu, donc surprenant comme la campagne anglaise, capable de tout (j'ai essayé de relire Persuasion en anglais cet été, je me suis découragé). Le problème avec l'anglais, c'est qu'il est trop souvent dégradé et mal écrit : donc laid. Mais l'anglais de Jane Austen, ou même de Philip Dick (mon point faible), ce sont de belles langues. L'allemand. Langue méconnue, mais assez austère. Bon, il y a Erlkönig ou Stefan Zweig, mais c'est austère. L'espagnol, alors là : c'est la fête, ça se parle tout seul et se lit comme un rêve, avec mouvement, expression.. mais moins de profondeur que l'anglais (selon moi). Ma langue "de coeur". Le catalan, une langue magnifique, poétique, suave, ancienne et moderne. Hélas, les catalans sont des em...
Bref. L'arabe. L'arabe est une langue barricadée : barricadée dans son alphabet et son éloignement, puisqu'elle n'est pas véritablement parlée. Mais quelle langue! Dommage que je sois trop novice pour m'en faire une idée précise. Lourde comme un tissu précieux, complexe et subtile comme le latin, avec des sortes de tournures comme en grec, des anacoluthes je crois. Le sujet d'une proposition participiale peut-être différent du sujet de la phrase, donc on saute, si je puis dire, d'une idée à l'autre. Je ne suis pas assez grammairienne pour en parler.
Mais cette langue belle et hiératique, si la langue guide la pensée, quelle pensée peut-elle guider? Une pensée lente et hiératique. Elle ne se prête pas aux raccourcis, comme l'anglais, par exemple.
Au fait, "jihad" signifie effort. Par exemple, celui que je fais pour apprendre la langue.
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dimanche, novembre 05, 2006
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Méthodes de rédactions
Message technique.
Je me pose des questions sur mon style (pas celui de mes messages, j'écris comme ça vient, je fais de vagues corrections en cas de laisser-aller excessif).
A la base j'aime Proust et Victor Hugo. Donc, il y a du mot, du verbe, de l'adjectif et tout et tout. Le problème c'est que non seulement je ne suis ni Proust ni Victor Hugo, mais ce gen,re de style est à mon avis dépassé. Non pas inefficace, mais achevé. On ne peut que copier si on imite.
Mais les mots sont beaux, et le style sec est chiant. Je devrais me donner le temps de relire le nouveau roman, mais j'ai toujours trouvé ça chiant.
Bref : j'en suis arrivée à faire des listes de mots à utiliser, et des découpages de scènes. Enfin je ne l'ai pas fait mais je vais le mettre en place. Je rédige linéaire, parce que ça me vient mieux comme ça, mais j'écris beaucoup de conneries. Ensuite, je vais redécouper en scène et utiliser mes listes de vocabulaires pour chaque scène. c'est de la cuisine mais bon. On verra ce que ça donne.
Pour les phrases, il faut que je sois plus elliptique. Je dois lister les idées clefs et ne rédiger que là-dessus, en utilisant le stock de mots.
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dimanche, novembre 05, 2006
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Lectures
A lire : Edward Saint Aubyn - Peu importe
Excellent. Noir, mais excellent. Un portrait impitoyable d'une certaine partie de la société anglaise, qui serait inintéressant sans la peinture des personnages et la relation entre ces personnages, ainsi, bien sûr, que sans l'élément clef du roman, très dérangeant, le viol d'un petit garçon par son propre père (qui regrette ensuite un peu la chose parce qu'il se dit que ça ne passera pas en société). Curieusement (n'est-ce pas), après True North et par hasard, je fais dans les parents indignes.
Je lis Hemingway. A la base, je le trouve rasoir. Maisj'ai un ami qui ne tarit pas d'éloge, alors je ne veux pas mourir idiote et je fais un effort. Je vais éviter Pour qui sonne le glas. J'ai lu "En avoir ou pas", c'est bien, le style est intéressant, c'est indubitable et j'en lirais d'autres, mais il n'y a pas à dire, je préfère Proust. J'aime les phrases.
Plus surprenant, "La part du feu", de Norman Mac Lean. Presque éblouissant. Virtuose, avec un petit peu de fadeur. Oh, que je suis méchante! J'ai adoré ce livre. 300 pages pour répondre à la question suivante : Que s'est-il passé entre 17h30 et 18 heures dans l'incendie de la colline de Man Gulch, qui a abouti à la mort de 13 pompiers volontaires sur les 15 parachutés? J'ai appris des tas de trucs sur les incendies. La caractéristique de ce roman est que l'on sait tout dès le début (comme dans "Beloved" de Toni Morrisson) mais on avance quand même dans le roman, on progresse dans la compréhension de l'histoire. Evidemment, Beloved, c'est plus dramatique... (au passage, c'est à lire absolument). Mais La part du feu m'a transporté dans le Montana (il y a plein d'écrivains dans le Montana), comme L'avocat indien, ou True North.
J'ai racheté Le Monde selon Garp pour l'Ours mais ça l'ennuie je crois.
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Lectures
A lire : Edward Saint Aubyn - Peu importe
Excellent. Noir, mais excellent. Un portrait impitoyable d'une certaine partie de la société anglaise, qui serait inintéressant sans la peinture des personnages et la relation entre ces personnages, ainsi, bien sûr, que sans l'élément clef du roman, très dérangeant, le viol d'un petit garçon par son propre père (qui regrette ensuite un peu la chose parce qu'il se dit que ça ne passera pas en société). Curieusement (n'est-ce pas), après True North et par hasard, je fais dans les parents indignes.
Je lis Hemingway. A la base, je le trouve rasoir. Maisj'ai un ami qui ne tarit pas d'éloge, alors je ne veux pas mourir idiote et je fais un effort. Je vais éviter Pour qui sonne le glas. J'ai lu "En avoir ou pas", c'est bien, le style est intéressant, c'est indubitable et j'en lirais d'autres, mais il n'y a pas à dire, je préfère Proust. J'aime les phrases.
Plus surprenant, "La part du feu", de Norman Mac Lean. Presque éblouissant. Virtuose, avec un petit peu de fadeur. Oh, que je suis méchante! J'ai adoré ce livre. 300 pages pour répondre à la question suivante : Que s'est-il passé entre 17h30 et 18 heures dans l'incendie de la colline de Man Gulch, qui a abouti à la mort de 13 pompiers volontaires sur les 15 parachutés? J'ai appris des tas de trucs sur les incendies. La caractéristique de ce roman est que l'on sait tout dès le début (comme dans "Beloved" de Toni Morrisson) mais on avance quand même dans le roman, on progresse dans la compréhension de l'histoire. Evidemment, Beloved, c'est plus dramatique... (au passage, c'est à lire absolument). Mais La part du feu m'a transporté dans le Montana (il y a plein d'écrivains dans le Montana), comme L'avocat indien, ou True North.
J'ai racheté Le Monde selon Garp pour l'Ours mais ça l'ennuie je crois.
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04 novembre 2006
Mélancolie d'automne
Temps maussade et pas de soleil, ce qui est rare. Plus rare encore, odeur d' humidité et de pluie (et pour cause il est tombé des trombes d'eau cet après-midi). Quoiqu'il en soit, l'effet dit de la Madeleine m'a renvoyé quelques quinze ans en arrière (j'essaie d'être honnête mais c'est dur). J'ai arpenté à nouveau, dans la cinquième dimension du souvenir, suspendue entre deux mondes, les larges avenues bordées de marronniers de la ville de mon enfance - ville abhorrée durant l'adolescence et dont je me demande si je ne vais pas finir par rêver.
L'année prochaine je prends des photos.
De chez moi, le long des rues mortellement calmes ponctuées régulièrement de villas cachées derrière des haies d'arbres serrées ou des grilles aveuglées. Un chien qui aboie quand on passe. Les feuilles de marronniers humides en décomposition. Les feuilles d'érables aussi. Coup de pieds dedans. Enfantin mais distrayant. Après on a les pieds humides. Les rues dans lesquelles je ne vais pas parce que Maman l'a défendu. Les rues dans lesquelles je finis par passer parce que je m'entraine à désobéir mais j'ai peur et je ne comprends pas ce qu'elles ont de si terribles, ces rues, toutes imperturbablement bordées d'arbres et calmes - mortellement ennuyeuses. L'orphelinat des apprentis d'Auteil (à mon grand désespoir de lectrice de Sans Famille et Jane Eyre, je n'ai jamais aperçu un orphelin). Le Boulevard (enfin, boulevard... tout juste une grand rue).
Le pont de maison de poupée au dessus du RER. La place de la patinoire. Je contourne et j'arrive là où j'ai mes meilleurs souvenirs d'enfants : à la Bibliothèque.
Aujourd'hui ça sentait la même odeur d'automne et la mélancolie m'a envahie.
Mais qui donc a jamais guéri de son enfance?
Lucie Delarue-Mardrus
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samedi, novembre 04, 2006
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30 octobre 2006
N'importe quoi
Tout le monde peut avoir un coup de pompe, non? Samedi j'étais dans un "bas". C'est trop simple d'écrire cela. La vérité est qu'il faut se battre. Je me déteste quand je sombre dans cette facilité gnan-gnan.
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lundi, octobre 30, 2006
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28 octobre 2006
A l'extérieur du jardin d'Eden
Aujourd’hui j’ai décidé de m’adresser directement à toi Seigneur, Créateur du ciel et de la terre (ça allait encore) mais surtout des hommes, hélas. Moi je crois en toi, je fais partie de ceux qui ne peuvent que croire en ton existence car en ta grande bonté, doué d’un sens de l’humour ( ?) que je ne suis pas certaine d’apprécier, tu m’as donné la foi – je me demande pourquoi, Seigneur, mais je ne me plains pas, note : car j’ai failli la perdre (tu m’as fait ça aussi) et j’ai compris l’horreur de se trouver dans un monde vide à taper sur des murs qui ne répondent pas. Heureusement tu m’as repêchée, Seigneur, ce qui fait que maintenant j’ai oublié la sensation exact de ce vide, mais je me souviens de la douleur de ton absence. Le monde qui m’entoure est rempli de toi, dans la lumière du soleil sur les arbres, dans le vent qui caresse parfois la maison mais qui secoue aussi les fenêtres violemment et me fait penser aux diverses catastrophes naturelles qui n’épargnent pas tes créatures, Seigneur, ce qui me donne à penser, même si je sais, car je le sens, que tu es un dieu d’amour – certains peuvent en douter, encore qu’on n’est pas partout et que dieu peut se manifester au milieu de l’horreur, mais pas seulement dieu, hélas, d’autres forces peuvent aussi s’emparer de tes faibles créatures. Et pas les meilleures (forces).
Je te vois, Seigneur, je te perçois. Partout. Dans les yeux de mes élèves, parfois, pas pour très longtemps, dans ceux de mes enfants. Dans les palmeraies. Dans les cours que je donne, quand je parle de la façon dont les hommes savent s’adapter aux milieux difficiles, je sais que c’est toi, en Prométhée ami des hommes, qui leur a donné ces armes, l’ingéniosité et l’intelligence.
Je me demande (avec humilité, car je connais ton pouvoir) pourquoi tu es aussi le Zeus furieux qui les met dans la m… ?
Et j’arrête de poser la question, car je sais bien ce que je suis (même si ça me vexe) je ne suis personne, seulement une créature. Je ne dois pas douter. Je sais. Si tu t’occupes des petits zoziaux, moi aussi tu vas t’occuper de moi. D’ailleurs je ne me plains pas (j’insiste), j’ai été franchement gâtée jusque là.
Je voulais juste écrire pour dire que c’est plus dur pour nous que pour Saint Augustin et que, beauté si ancienne et si neuve, si beaucoup tardent à t’aimer, c’est qu’on a du mal. Et que ceux qui t’aiment – ils le font bien ? Tu es content ? Parce que parfois on se demande. Moi, je sens ta présence, mais si ce n’était pas le cas, crois-moi, ça se passerait mal. Nous, on vient après la conquête de l’Amérique, les colonisations, les totalitarismes,l’holocauste et la politique extérieure américaine (depuis qu’ils se sont mis à en avoir une – une cinquantaine d’années). Et après, on a droit à quoi, Seigneur ? On ne pourrait pas faire une pause ? C’est sympa de nous donner le libre arbitre, mais visiblement c’était un piège, Seigneur. A quoi joues-tu ? C’est un jeu de PS2 cosmique ? Tes copains ont le même ailleurs, et après vous comptez les points ? Tu gagnes, ou il y a pire ? Parce que pour toi, c’est peut-être une expérience, ou un jeu, mais pour nous on est prisonniers ici. La vie on doit la vivre jusqu’au bout. Tout le monde ne peut pas croire qu’après on a droit au royaume de Dieu, parce qu’ici c’est souvent déprimant. Je ne dis pas ça pour moi.
Je connais moi-même la réponse. Eprouver la vanité du monde des hommes, c’est bon pour toi. Normalement, on doit tous réaliser à quel point ce monde est lamentable, et attendre patiemment que ça s’arrête pour entrer dans le royaume de Dieu. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi as-tu voulu nous donner la liberté de choisir entre cueillir la pomme ou pas, entre suivre Dieu et l’amour et ne pas le suivre ? On connaît le résultat et personne n’en veut. Est-ce pour que la liberté permette de composer le requiem de Mozart ? Ou la recherche du temps perdu ? Tu as fait une expérience avec tes copains. Il y en a un autre qui croit au management directif et toi tu as voulu lui prouver que la méthode laisser-faire est plus efficace. Oui, bon, il y a des dégâts collatéraux, de temps en temps on balance une bombe atomique ou on massacre un ou deux millions de nos semblables, mais d’un autre côté quelqu’un repeint le plafond de la chapelle Sixtine et ça, tes copains ne l’ont pas. OK. Alors est-ce que je peux changer de monde, Seigneur ? Je veux aller dans le monde d’un dieu directif, Seigneur. Je ne veux plus de la liberté que tu laisses aux hommes.
Reprends-moi la foi, Seigneur. Je n’en veux plus.
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samedi, octobre 28, 2006
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26 octobre 2006
Jardin d'Eden
Je suis jalouse. Dégoûtée. Pasfolle fait des super voyages, l'autre fois on voyait la muraille de Chine sur son blog. La muraille de Chine.
Alors moi aussi je vais crâner.
Justement pour l'Aid on est parti. Et on est allé au jardin d'Eden. J'y étais déjà allé, ça m'avait bien plu. C'est chouette le jardin d'Eden.
Avant d'y arriver faut ramer. C'est loin, et puis ça se mérite. D'abord c'est comme ça:

Après on se rapproche et on entre dans le jardin par une route (elle a la réput' d'être étroite mais en fait vous voyez pas tant que ça, avec un 4x4 on passe).
Mais alors après c'est vraiment bien. Luxuriant, foisonnant, plein d'oiseaux qui chante et de canaux d'irrigation qui glougloutent:
Si certains sont intéressés qu'ils me contactent. Il y a un hôtel pas loin...
La muraille de Chine, c'est d'un commun...
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jeudi, octobre 26, 2006
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19 octobre 2006
Lectures
Virgin Suicides : Curieux, mais inintéressant.
Temps de cerveau disponible : Intelligent, curieusement plus fin que je ne pensais, mais très attendu, une sorte de double de 99 francs.
L'avocat indien, James Welch : Intéressant et intelligent. Mais peu littéraire. Je ne sors pas des états du nord des USA.
L'auberge de la Jamaïque, Daphnée du Maurier. Désuet. J'aime bien, à petites doses.
Je suis débordée et n'ai le temps de rien faire. Pour l'Aid nous partons dans le sud, voir les oasis.
Je suis en pleine insomnie. Je ne sais pas dans quel état je serai demain.
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jeudi, octobre 19, 2006
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16 octobre 2006
Peut-on encore vivre en France?
Peut-on encore vivre en France? Bon, comme question, ça sent son expat mais je m'explique. Ici, la lotte coûte environ 4 euros le kilo. Les fraises, en saison, valent de 2 euros à 50 centimes d'euros. Le filet est à 20 euros chez l'Ours, qui le vend cher parce qu'il fait vieillir la viande, mais sinon c'est plutôt 10 euros.
En France, bientôt, on dirait que manger correctement sera un luxe. Me trompe-je? Heureusement que c'est beau, la France. Sinon, au prix où c'est, personne n'irait.
Ici, il n'y a pas grand chose. La presse se tait. Les gens du pays sont énervants, et chauvins, en plus. Mais on est cool. On mange bien. On va à la plage. Les enfants invitent leurs copains. Les DVD coûtent 2 euros.
Est-ce que je pourrai me réadapter à la France? Non, je ne crois pas. Paris s'éloigne encore plus vite de moi.
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lundi, octobre 16, 2006
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15 octobre 2006
True North, Jim Harrison
Je viens d'achever le dernier roman de Jim Harrison, True North, en français De Marquette à Veracruz.
Le dernier membre d'une lignée de riches propriétaires terriens du Nord des Etats-Unis, persécuté par un sentiment de culpabilité dû au comportement de prédateurs sociaux de ses ancêtres, riches propriétaires poussés par la cupidité uniquement, consacre sa vie à la rédaction d'un livre destiné à l'origine à faire le point sur leurs fautes, pour se faire pardonner aux yeux du monde, mais le monde s'en fout. Son projet dévore sa vie, consacrée uniquement à la recherche du mal que sa famille, et en dernier lieu son père, ont commis. Pour finir, il assiste à la mort de son père.
Bien que mes parents ne soient pas aussi affreux que la famille du héros, j'ai adoré cette histoire d'un enfant hanté par ses parents et essayant toute sa vie de se venger ou de leur pardonner. Nous en sommes probablement tous là. La hantise de ma soeur la rend incapable de vivre; moi, mes souvenirs me laissent plus de place mais peut-être pas tant que cela, finalement.
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08 octobre 2006
Privilégiée
Le week-end s'achève, épuisant comme d'habitude, marqué par une gastro.
Il faut dire que je ne suis guère résistante.
Mais je me pose la question suivante: où va la vie que je mène? Que signifie-t-elle? En août, libre des chaînes de ma petite famille, je devenais presque folle à force de vivre comme j'aime : ne rien faire, ne pas sortir, ne voir personne. Je déprimais, en me laissant aller à être moi-même. Depuis, obligée de me lever pour aller travailler, pour préparer le bol de céréales ou couper le pain des enfants, je cours tout le temps, je n'ai le temps de rien faire, mais je suis bien. %on moral se maintient.
Comment expliquer cela? Je m'ennuie, enfin pas depuis que je me suis remise à écrire, la vie humaine me paraît nulle, ses mensonges, sa violence, son hypocrisie, depuis que j'en suis consciente la mascarade de la vie sociale me fatigue et pourtant : je travaille, je sors, j'invite... je voudrais bien être tranquille mais je suis emportée dans un cercle infernal...
Exemple : j'ai donné des jouets à un collègue nouvellement arrivé, pour son fils. Il est difficile d'acheter des jouets convenables ici. Bon, c'est sympa, mais les deux miens ne jouent plus avec. Il m'invite pour me remercier. Nous y allons avec l'Ours. On mange, on parle.. Bonne soirée. Mais je l'ai vécu combien de fois, ce genre de soirée? Beaucoup. J'en ai marre. Je n'ai même plus envie de rencontrer des gens. Cela n'évolue jamais bien. On devient différents. On accumule des rancoeurs, au fil du temps. A quoi bon? A quoi bon?
Il faut être amis avec des gens du même niveau de revenus, sinon ça ne tient pas. Je n'y croyais pas mais je l'ai appris. Que veut dire l'amitié, dans ces cas-là?
Peut-être ai-je un défaut, concernant les rapports humains. Je commence toujours bien, avec les gens. Et puis ça s'arrête.
Moyennant quoi, comment se fait-il que je sorte autant? Je vois plus de gens que je ne veux, emportée par un mouvement que je ne contrôle pas. Je crains, en l'arrêtant, de me couper du monde et de le regretter ensuite. Pour l'instant je me laisse flotter.
La vie que je mène ne me ressemble pas. Mais si je mène ma vie je déprime. Que dois-je en penser?
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04 octobre 2006
Radio days
Ce soir sur TPS (revenu par miracle, ils ont remis les vieux codes?), il y a Radio Days de Woody Allen. Et moi qui dis qu'il n'y a jamais rien sur le satellite!!
Merci Petit Jésus.
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mercredi, octobre 04, 2006
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02 octobre 2006
De la tolérance
La tolérance, c'est difficile.
Une analyse superficielle des choses vous amène peut-être à croire que c'est facile. Qu'il suffit de fermer les yeux sur les pratiques des autres, et qu'alors tout va bien. Chacun vit pour soi, respecte courtoisement ce que l'autre fait chez lui et tout va bien.
Il n'en est rien. La tolérance (vertu négative, disaient mes professeurs) est un combat contre soi-même. Quand ils sont nombreux et diffférents, les autres agacent, dérangent, remettent en cause.
Je devrais les prendre en photos, les autres, pour illustrer mes propos.
Par exemple, quand les autres montent à cinq, dont deux enfants sans casques, sur une mobylette et se lancent à travers un rond-point en frôlant les voitures. Quand à un feu sur une rue à deux voies, toutes les voitures doublent en passant sur la voie inverse, en se "glissant" entre les voitures qui attendent au feu et celles qui arrivent en face.
Pourtant ces modes de fonctionnement autres que les nôtres ont des corollaires sympathiques; une façon tranquille et flegmatique d'appréhender les évènements de la vie.
Mais il faut s'empêcher de pousser des jurons dans la voiture et de dire "quels cons!" toutes les cinq minutes.
Quand on revient en France, ce sont les Français, enfants gâtés râleurs et speedés qui semblent cons. Mais ça n'empêche pas d'avoir envie d'incendier les gens d'ici quand on y est. Et si on les incendie, ça fait intolérant.
En prime, une blague sympa et authentique.
Un parent d'élève français arrive à l'école française lors de la fête de fin d'année. Ecole toute pourrie, peinture qui s'écaille, etc. (La France a pas de fric pour faire repeindre, la pauvre!).
Le parent d'élève français (honteux) dit à son copain, le parent d'élève belge (qui paie deux fois et demie plus cher ses frais de scolarité) :
- Tu vois, ça, en France, on appelle ça du travail d'arabe.
Le parent d'élève belge lui répond :
- Nous, en Belgique, on appelle ça du travail de Français.
Et toc.
Celle-là, je l'aime bien.
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lundi, octobre 02, 2006
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01 octobre 2006
Week end
Week end d'expat. Fête et vin. Anniversaire d'une relation.
Grosse fête. Invités avinés et bavards. Tangants un peu sur le tard.
Buffet + cadeau + homme en string planqué dans une grosse boîte en carton + discours + larmes. Paella le lendemain. Plage. Mer. Baignade. Enfants piscine. Fatigant. J'aurai voulu rester seule et peinard ce week-end.
Enfin. C'est mieux que la soirée du Rotary qu'on se tape tous les ans en novembre pour ne pas vexer (et si on décidait de vexer?)
Et tout ça en plein Ramadan. Avec des expats ancienne génération qui appellent tous les locaux : ils (par opposition à un "nous" sous-entendu dont je fais partie - moi).
Enfin j'en fais forcément partie car ils nous mettent de côté sauf si nous vivons comme eux.
NB :C'est l'un des aspects déprimants de ce pays. Je suis bien obligée d'être française. Même quand j'aurais achevé de comprendre la langue, je serai toujours irrémédiablement une étrangère. Ils ne croient pas à nos trucs de français. Même les parents d'élèves. Ils mettent leurs enfants à l'école française... et refusent d'accepter le système français.
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antagonisme
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dimanche, octobre 01, 2006
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